
La prison locale de Khouribga accueille la 6è édition du Festival Culturel en Faveur des Détenus Africains
La prison locale de Khouribga a accueilli, jeudi, la 6è édition du Festival Culturel en Faveur des Détenus Africains, sous le thème “Le Cinéma raconte les histoires des détenus africains”, dans le cadre de la 26è édition du Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK).
Organisée par la Fondation du FICAK en partenariat avec la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), cette édition a été marquée par la projection du film marocain “Enterrements en sursis” du réalisateur Mohammed Marouazi, en présence d’un parterre de personnalités marocaines et africaines de tous bords.
Selon les organisateurs, 69 détenus africains, hommes et femmes, issus de diverses institutions pénitentiaires du Royaume, ont pris part à cette manifestation culturelle, durant laquelle les étudiants-détenus inscrits à la Licence d’excellence “Cinéma et humanité de la réinsertion”, ont animé des lectures critiques autour du film, suivies d’un débat ouvert avec les autres détenus.
S’exprimant au nom de la DGAPR, le directeur de la prison locale de Khouribga, Mohamed Moustakim, a affirmé que l’organisation de cette édition reflète un engagement national constant et un chantier de qualification auquel la Délégation accorde une importance particulière.
Il a ajouté que l’institution est convaincue du rôle central de la culture et du cinéma dans la promotion des valeurs de tolérance, de coopération, du rejet de toutes les formes d’extrémisme et de l’attachement aux valeurs humaines universelles, soulignant que cette édition se distingue par la richesse de ses dimensions créatives et cognitives, ainsi que par la forte adhésion et participation des détenus.
Il a, en outre, relevé que cette manifestation constitue une étape importante pour les étudiants-détenus, leur permettant de présenter de manière concrète les acquis de leur formation théorique et pratique dans les domaines du cinéma et des métiers de l’audiovisuel.
“Les détenus démontrent, à travers cette contribution, que les murs des établissements pénitentiaires ne constituent pas un obstacle à la formation, à la créativité et à l’acquisition du savoir, mais peuvent également devenir un point de départ pour une remise en question constructive et une préparation à une réinsertion effective dans la société à travers le 7è art”, a-t-il conclu.
Pour sa part, le directeur du FICAK, Iz-eddine Gourirran, a affirmé que cette rencontre constitue une occasion de mettre en avant le rôle civilisationnel du Royaume dans le renforcement de la coopération africaine Sud-Sud et dans la consolidation des valeurs de solidarité humaine et d’ouverture culturelle entre les peuples du continent.
Ce rendez-vous culturel et humain ne constitue pas une simple activité artistique, mais véhicule un message noble fondé sur la conviction que la culture et le cinéma sont capables de contribuer à la reconstruction de l’être humain, de promouvoir les valeurs d’espoir, d’ouverture et de tolérance, et d’ouvrir de nouvelles perspectives au sein de l’espace carcéral, a-t-il expliqué.
Gourirran a relevé que cette initiative a permis, au fil de ses précédentes éditions, d’instaurer une tradition culturelle et humaine singulière visant à permettre aux détenus africains de rester en contact avec leurs cultures d’origine et de s’ouvrir à des expériences cinématographiques africaines porteuses de problématiques humaines universelles.
Cette initiative a constitué une occasion de consolider le rôle de la culture et de l’art dans les parcours de réhabilitation et de réinsertion, à travers la création d’espaces de réflexion et d’échange autour des thématiques abordées par les œuvres cinématographiques africaines, tout en mettant en lumière les talents créatifs au sein des établissements pénitentiaires.
Organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, sous le thème “Entre streaming et rêve : le dilemme africain”, la 26è édition du Festival international du cinéma africain de Khouribga se poursuit jusqu’au 6 juin avec une programmation comprenant projections, compétitions officielles, et colloques dédiés aux enjeux et aux perspectives du cinéma africain.
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