
La Province de Sidi Ifni poursuit son élan dans le domaine scolaire
- Agadirtoday-Mohamed Laghouizi//
Entretien réalisé par Mohamed Laghouizi
A l’occasion du classement distingué de la province de Sidi Ifni au niveau des résultats de la 2ème année Baccalauréat, première session, nous avons invité Rachid Bichara, directeur provincial de la Direction provinciale du Ministère de l’Éducation Nationale, du préscolaire et des sports, pour nous parler du rôle de la structure éducative au niveau de la province et aussi des projets programmés par le ministère de tutelle pour améliorer la qualité de l’enseignement public au niveau du préscolaire et du collégial ainsi que des réalisations au niveau des infrastructures scolaires.
Quelle est votre lecture des résultats de la première session du baccalauréat au niveau de la province de Sidi Ifni en particulier et de la région en général ?
Concernant la direction de Sidi Ifni, les résultats de la 2ème année baccalauréat pour la période 2025-2026, sont satisfaisants puisqu’on a eu 69,31% du taux de réussite et c’est ce qui nous a permis d’être classé 2ème au niveau régional avec un taux de 64,64 % lorsque la direction d’Assa Zag est la première avec un taux de réussite avoisinant 94,77%. Ces résultats de notre région reflètent les efforts fournis par le corps de l’enseignement que ce soit au niveau éducatif, administratif et pédagogique. En un mot, c’est grâce aux efforts de tous les intervenants que nous avions pu obtenir de tels résultats.
Quant à la répartition de ces résultats des établissements par commune, il faut dire qu’ils sont variables et que pour combler ce déséquilibre, nous avons opté pour la 2ème session de travailler plus sur le soutien scolaire. A noter également que pour cette année nous avions enregistré la meilleure note de la région réalisée par l’élève Asmae Mezdoughi qui a eu 18,92 points et qui a été reçue par Le Gouverneur de Sidi Ifni puis par la directrice de l’Académie Régionale Guelmim/Oued Noun pour la féliciter.
Enfin, cette année a été marquée entre-autre par le nombre des mentions « très bien, bien et assez bien » et c’est ce qui reflète l’assiduité et le niveau scolaire des élèves de Sidi Ifni ainsi que l’efficacité et la performance du corps éducatif et administratif sur l’ensemble de la province.
Au niveau de la province de Sidi Ifni, que pourriez-vous nous dire sur l’offre scolaire et comment cette dernière contribue dans la lutte contr l’abandon scolaire et l’amélioration de l’accès à l’éducation que ce soit en milieu urbain ou rural ?
Pour ce qui est de l’offre scolaire à Sidi Ifni, je dois dire qu’elle a bénéficié d’un contrat programme signé devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, à Dakhla en 2020 et qui porte sur la création d’écoles, de collèges, de lycées et d’internats au niveau de la province. En parallèle, il y a un autre programme physique lancé par le Ministère de tutelle qui tend à améliorer la généralisation de l’offre scolaire que ce soit au niveau préscolaire ou collégial et jusqu’à cette année, notre province compte 325 établissements scolaires dont des collèges dans toutes les communes rurales relevant de la circonscription de Sidi Ifni.
Un autre contrat programme 2024-2027, conclu avec la Région Guelmim/Oued Noun, est en cours d’exécution et qui porte sur la création des écoles communautaires ainsi que des lycées dans certaines communes comme Sidi M’Barek, Sebt Nabor. Le but de ces projets est d’assurer une accessibilité plus facile aux élèves des régions aux reliefs difficiles et d’assurer une proximité pour que tout le monde bénéficie de son droit à l’éducation. On envisage aussi l’augmentation des internats pour garantir une prise en charge des élèves issus de familles en situation précaire et leur permettre de continuer dans un climat serein et adéquat leur parcours scolaire.
En ce qui concerne la planification de ces projets, nous collaborons avec la province de Sidi Ifni au niveau de la planification et l’étude et le suivi des projets et qui compte parmi nos partenaires dans la lutte contre l’abandon scolaire et l’amélioration de la qualité de l’éducation au niveau primaire et collégial, l’égalité des chances et plus particulièrement le lancement des écoles communautaires dont Sidi Ifni est pionnière au niveau régional.
D’après vous, quelles sont les nouveautés au niveau pédagogiques et dans quelle perspective sont-elles orientées ?
Pour répondre à cette question, je dois vous faire part d’un programme lancé par le ministère depuis 2022 et qui touche principalement l’approche pédagogique. Cette dernière se traduit par un suivi minutieux de l’apprentissage chez l’élève d’une manière scientifique. Un suivi qui nous permet d’identifier les besoins de chaque élève durant chaque cycle qu’il soit primaire ou secondaire et qui a donné ses fruits.
Par cette nouvelle vision, nous avions pu réduire l’abandon scolaire au niveau du primaire et même collégial surtout avec l’application de la méthode de la pédagogie différenciée ou individualisée. A ce titre, notre direction est la première à l’échelle nationale avec un apprentissage d’un taux de 70%. Cependant, il existe quelques complications et qui poussent à de nouvelles réflexions et un réajustement permanent du système.
L’autre avantage de cette approche réside dans l’insertion des enseignants dans la prise des décisions et le choix des programmes. Ce qui permet un enrichissement et une bonne gouvernance du système scolaire suivi par tous les départements et instances concernés et comme exemple de ces innovations en matière de pédagogie, nous avons introduit, depuis la première cohorte des écoles pionnières, le concept « teaching at right level » (TARL), appliquée en Inde mais qu’on a bien adopté à notre système et qui consiste à suivre chaque élève à part durant son année scolaire afin de définir ses difficultés et l’aider à les surmonter et passer avec succès à un autre niveau.
Il existe aussi la méthode explicite et qui a été aussi expérimentée dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique et que nous avons aussi intégrée et dont les résultats sont très encourageants
Enfin, je dois dire qu’aujourd’hui, le but du ministère est de changer l’image de l’école et de lui permettre de s’ouvrir davantage sur son environnement social. Une école pour tous et un espace d’épanouissement et de créativité où les parents, la société civile et le corps enseignant travaillent main dans la main pour assurer un avenir plus brillant des générations futures.
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