
La thèse, du chercheur Anouar MAZROUB, plaide pour une politique africaine convergente et Pro-active…
La faculté des sciences juridiques, économiques et sociales-Agdal relevant de l’Université Mohamed V de Rabat a abrité le 16 Mai dernier, les travaux d’une soutenance de Doctorat en Droit Public et Sciences Politiques sous le thème : »La Politique africaine du Maroc (1999-2022) : vers un nouveau modèle de gouvernance ».
La thèse préparée et soutenue publiquement par le chercheur Anouar MAZROUB a été examinée et discutée par un jury maroco-béninois présidé par le Dr.Hamid Dlimi, et le Dr.Ahmed Ouedghiri Benotmane (directeur de thèse), le Directeur Général du Cafrad, le Dr.
Coffi Dieudonné Assouvi, le Dr.Mohammed Zakariae Abouddahab, le Dr.Younes Zakkari et le Dr. Nadir Ismaili comme membres.
Partant d’une radioscopie préliminaire du champ politico-diplomatique marocain, son architecture constitutionnelle et institutionnelle, ses préoccupations, ses principaux acteurs et espaces de projection, le chercheur a relevé que l’accession du Roi Mohammed VI au pouvoir en 1999 a été marquée par une reconfiguration profonde du l’appareil diplomatique au Maroc.
A ce titre, sa nouvelle doctrine diplomatique a tenté de s’identifier de plus en plus aux principes de pragmatisme politique et la diversification des partenariats. Dans ce sillage, l’Afrique subsaharienne s’est affirmée comme axe stratégique de projection de l’action extérieure du pays à partir de 1er sommet Europe-Afrique au Caire d’Avril 2000.
Au plan de la démarche, le chercheur a mis en avant le mode opératoire multidimensionnel prôné par le paradigme marocain de coopération sud-sud, ce qui s’est traduit par une diplomatie multiforme basée sur la mobilisation de plusieurs leviers : diplomatiques, économiques, sécuritaires, culturels, cultuels, sociaux et humanitaires (formation, investissements, aide humanitaire, etc.).
Quant aux conclusions de la thèse, elles ont conforté l’idée selon laquelle le projet africain du Maroc a pu repositionner le pays sur la scène régionale, aussi bien sur le plan géopolitique que géoéconomique. Dans cette perspective, il a rappelé son retour/adhésion en grande pompe à l’enceinte de l’Union africaine en 2017 et l’élan des échanges maroco-subsahariens, qui ont dépassé la barre des 56 milliards de dhs en 2022 alors qu’ils ne dépassaient pas les 300 millions de dhs en 1999.
Dans la même lancée, le chercheur a souligné que l’Initiative Atlantique Marocaine lancée en 2023 pourrait constituer une stratégie ambitieuse de redéploiement de la diplomatie marocaine au continent.
Toutefois, le chercheur a indiqué que plusieurs défis pénalisent encore cette politique comme l’enlisement du dossier du Sahara, la marginalité de dividende économique des échanges avec le continent(4ème place des échanges extérieurs du pays) et les déficits en termes de démocratie et la bonne gouvernance, l’insécurité et la rude concurrence des autres puissances régionales, émergentes ou mondiales(Afrique du sud, Algérie, Brésil, Turquie, Chine, Russie), etc.
De telles contraintes appellent, selon le chercheur, une révision profonde de mode opératoire de ladite politique, en renforçant sa convergence par l’instauration d’un nouveau cadre de gouvernance centralisée priorisant la Veille Stratégique, le management stratégique de l’information et la diversification des axes de projection au continent.
L’opérationnalisation de la dernière mesure pourrait s’opérer, d’après les outputs de la même thèse, à travers plus d’ouverture sur les axes longtemps considérés comme hostiles aux intérêts nationaux du Maroc (Afrique du Sud et de l’Est).
Il est à signaler que la cérémonie de soutenance a connu la présence d’un certain nombre de personnalités diplomatiques, administratives, académiques et civiles comme le chef de cabinet de Directeur Général de Cafrad, M.Dimanche Ngarob, le Directeur Général de L’ENIM,M.Omar Oussouaddi, l’ancien Directeur des Ressources Humaines de Département de la Communication, M.Driss Makkoudi, le Coordinateur du Master Géographie Économique et Politique de l’Afrique à l’université Mohamed V, Dr.Moussa ElMalki, le Général Fouad Akki, le président de la Fondation Draa-Tafilalet pour la Tolérance et le Vivre Ensemble, M.Abdelouahed Darouich, le membre du bureau exécutif de la même fondation, Dre.Najat Salmi, l’expert des IDE marocains en Afrique, M.Lahcen Mouhir;
la présidente de l’association de la voix de la femme Amazighe, Mme Amina Zioual, les membres du bureau exécutif du Centre Africain des Recherches et des Études Stratégiques, Dre. Nada El Bouanani, Dre. Ghita Lamrabt et M.Adil Chourak et d’autres personnalités appartenant au milieu diplomatique et universitaire.
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