Culture

Rabat à l’heure de la 8e édition de “Florilège culturel”

La 8e édition de « Florilège culturel », organisée par l’Association Ribat Al Fath pour le développement durable a été lancée, lundi à Rabat sous le thème « La culture et les perspectives de la modernisation ».

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette manifestation culturelle promet une série de conférences intellectuelles et des tables rondes dédiées au patrimoine, outre des soirées artistiques et activités interactives et digitales.

A cette occasion, le président de l’Association, Abdelkrim Bennani, a souligné que le thème « Rabat, capitale du livre : entre histoire et défis de numérisation », a été retenu pour inaugurer cette édition, dans une approche visant à établir un lien entre l’héritage historique de la capitale et les enjeux imposés par les mutations numériques contemporaines dans les domaines de la culture et du savoir.

La célébration du Maroc et de sa capitale Rabat constitue un axe central des activités de cette édition, Rabat, a-t-il dit, étant considérée comme une « capitale du livre », ce qui reflète une symbolique historique et culturelle faisant de la ville un espace privilégié de production et de diffusion du savoir, tant au niveau national qu’international.

Pour sa part, Mustapha Jouhari, vice-président de l’Association chargé de la documentation, de l’édition et de la bibliothèque de l’Association, a plongé dans la mémoire de la « Ville Lumière », retraçant l’histoire de la passion du livre et la dynamique de création des bibliothèques qui ont contribué à façonner l’identité civilisationnelle de la capitale.

Dans son intervention consacrée aux livres et bibliothèques privées de la ville, M. Jouhari a indiqué que la création de bibliothèques familiales à Rabat dépasse la dimension individuelle pour devenir une composante de la mémoire collective, mettant en avant les parcours de plusieurs figures de la ville ayant contribué à l’établissement de ces bibliothèques privées ayant constitué un important patrimoine de connaissances.

Jouhari a également salué des exemples de jeunes ayant préservé leur passion pour la lecture et la collecte de trésors documentaires, estimant que le livre est aujourd’hui confronté à de profonds défis liés à la numérisation et à l’intelligence artificielle lesquels soulèvent des questions quant à son évolution.

Dans une intervention intitulée « Le livre et les défis de la numérisation », l’expert auprès de l’Union internationale des télécommunications Ahmed Khouja a, de son côté, relevé que le livre a constitué la première grande révolution de la connaissance depuis l’invention de l’imprimerie, tandis que la numérisation a engendré une transformation radicale des modes de production, de diffusion et d’accès au savoir à l’échelle mondiale et de manière instantanée.

Il a estimé que l’intelligence artificielle représente un outil reproduisant certaines capacités humaines et agissant comme un « acteur artificiel assistant l’homme à dépasser les limites de ses capacités, sans pour autant se substituer à la créativité humaine authentique ».

Khouja a conclu en affirmant que le livre ne disparaîtra pas mais évoluera, soulignant que la culture élève l’être humain et renforce les valeurs de respect mutuel, tandis que le principal défi actuel consiste à orienter la technologie au service de l’Homme.

Le « Florilège culturel », dont les activités se poursuivront jusqu’au 30 juin, vise à contribuer à la préservation de l’identité culturelle et linguistique nationale, tout en mettant en lumière l’histoire de l’édition au Maroc et au Machrek et en proposant des lectures sur la pensée marocaine contemporaine.

Cette édition ambitionne également d’accompagner la transition numérique et les défis technologiques à travers l’analyse de l’impact de la numérisation sur le livre et l’éducation, ainsi que l’exploration des perspectives de l’innovation et de la pensée à la lumière de ces mutations.

Le programme comprend par ailleurs la poursuite, jusqu’à septembre prochain, de l’exposition de peinture de l’artiste français Jacques Gautrat.

Cette édition, qui coïncide avec le 40e anniversaire de la création de l’Association, accorde également une attention particulière à la mémoire artistique nationale à travers un hommage aux figures disparues de la chanson marocaine et la célébration de leur héritage artistique dans le cadre d’activités culturelles et artistiques.

Elle vise aussi à soutenir les jeunes talents à travers l’organisation du Forum de Rabat des jeux électroniques et de l’innovation numérique (Gaming), offrant un espace interactif aux développeurs marocains et débattant des opportunités d’emploi et d’investissement dans ce secteur prometteur.

 

 

          

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