
CDH: le Maroc organise un événement sur “la protection des droits de l’Homme à travers la prévention de la corruption”
Le Maroc a organisé, jeudi au Palais des Nations à Genève, un événement parallèle sous le thème “La protection des droits de l’Homme à travers la prévention de la corruption”, en marge de la 62e session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, mettant en lumière les liens étroits entre la promotion des droits fondamentaux et la lutte contre la corruption.
Co organisée par la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH) et l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), en coopération avec la Mission permanente du Royaume du Maroc auprès de l’ONU à Genève, cette rencontre a réuni des responsables nationaux et des experts internationaux de premier plan, dont le doyen de l’Académie internationale de lutte contre la corruption (IACA) de Vienne, Drago Kos.
Modéré par l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Omar Zniber, ce side event a notamment connu la participation du délégué interministériel aux droits de l’Homme, Mohammed El Habib Belkouch, du président de l’INPPLC, Mohamed Benalilou, ainsi que de hauts responsables onusiens de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et de la Coalition de la Convention des Nations Unies contre la corruption (UNCAC).
Dans son allocution d’ouverture, M. Zniber a souligné que “la corruption détourne des ressources essentielles des services publics critiques tels que l’éducation, la santé, la protection sociale ou les infrastructures”, aggravant les inégalités et affaiblissant la confiance dans les institutions publiques. “Ce faisant, la corruption affecte la pleine jouissance de tous les droits de l’Homme”, a-t-il affirmé.
L’ambassadeur a également rappelé l’urgence de l’action internationale face à un phénomène aux conséquences économiques et sociales considérables. Citant des données récentes, il a relevé qu’”une personne sur cinq ayant été en contact avec un agent public en 2024 s’est vu demander le paiement d’un pot-de-vin”, tandis qu’entre 8 % et 25 % des investissements publics mondiaux seraient perdus chaque année à cause de la corruption et de la mauvaise gestion.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par le renforcement, au sein des Nations unies, de la reconnaissance des effets néfastes de la corruption sur la jouissance des droits fondamentaux. Plusieurs résolutions du Conseil des droits de l’Homme, notamment la résolution 59/6 adoptée en juillet 2025, ont souligné que la promotion et la protection des droits humains ainsi que la prévention et la lutte contre la corruption sont des processus mutuellement complémentaires et renforcés.
Porte-plume de la résolution biennale sur les effets négatifs de la corruption sur la jouissance des droits de l’Homme, le Maroc œuvre à promouvoir une approche fondée sur “une idée simple mais puissante : la promotion des droits de l’Homme et la prévention ainsi que la lutte contre la corruption se renforcent mutuellement”, a indiqué M. Zniber à ce propos.
Le diplomate a mis en avant plusieurs axes prioritaires de cette résolution, notamment la centralité de la prévention. “Prévenir la corruption n’est pas seulement plus efficace que d’agir après que le préjudice est survenu. C’est aussi un impératif en matière de droits de l’Homme”, a-t-il déclaré, plaidant pour un renforcement de l’éducation, de la formation et de la sensibilisation à l’intégrité.
Zniber a enfin plaidé pour une plus grande cohérence entre les travaux du Conseil des droits de l’Homme et ceux liés à la Convention des Nations unies contre la corruption, estimant qu’il existe un fort potentiel pour intégrer davantage l’approche fondée sur les droits humains dans les mécanismes internationaux de prévention de la corruption.
La rencontre a permis de mettre en avant l’expérience marocaine dans ce domaine, notamment en matière d’éducation aux droits de l’Homme et à l’intégrité, de renforcement des capacités, de participation de la société civile, de collecte de données et d’utilisation des technologies numériques comme outils de prévention de la corruption et de protection des droits fondamentaux.
L’événement a, par ailleurs, offert l’occasion d’examiner les conséquences économiques et sociales de la corruption, de faire le point sur les obligations internationales découlant à la fois de la Convention des Nations unies contre la corruption et du droit international des droits de l’Homme, ainsi que d’identifier les synergies possibles entre les processus conduits à Genève, Vienne et New York.
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