Économie

Clôture du 11ème Symposium Fiscal Africain sur un appel à une gouvernance fiscale mondiale plus équitable

Les travaux du 11ème Symposium Fiscal Africain se sont clôturés, vendredi à Rabat, sur un appel en faveur d’une implication accrue de l’Afrique dans la gouvernance fiscale mondiale et du renforcement de la coopération continentale face aux mutations de la fiscalité internationale et de l’économie numérique.

Réunissant durant trois jours décideurs publics, administrations fiscales, experts, universitaires et acteurs du secteur privé autour du thème “Tendances de la fiscalité internationale – Une perspective africaine”, ce symposium, organisé par le Centre d’études sur la fiscalité africaine (CSAT – Centre for Studies in African Taxation) de l’IBFD (International Bureau of Fiscal Documentation), a mis en avant la nécessité pour les pays africains de bâtir des systèmes fiscaux plus résilients, innovants et adaptés aux réalités économiques du continent.

Initié en partenariat avec la Direction générale des impôts (DGI) et tenu pour la première fois dans un pays d’Afrique du Nord, ce symposium a réaffirmé son statut de plateforme de référence pour les débats consacrés aux enjeux de la fiscalité internationale sur le continent africain.

Intervenant lors de la cérémonie de clôture de ce conclave, le directeur général des Impôts, Younes Idrissi Kaitouni, a rappelé que l’Afrique aspire désormais à participer pleinement à la conception et à l’évolution des règles fiscales internationales.

Les profondes mutations que connaît aujourd’hui la fiscalité mondiale constituent à la fois un défi majeur et une opportunité stratégique pour le continent, a-t-il souligné.

Face à la complexité croissante des modèles économiques, à la digitalisation des échanges et à l’évolution rapide des normes internationales, le directeur général des Impôts a mis en avant trois priorités stratégiques pour les pays africains, à savoir la mobilisation des recettes fiscales, le renforcement des capacités des administrations publiques à travers l’innovation et la transformation numérique, ainsi que le développement de la coopération fiscale régionale afin de mutualiser les expertises et les bonnes pratiques.

De son côté, Aziz Son, Senior Associate à l’IBFD, qui a présenté les conclusions des travaux de cette 11ème édition, a révélé que les débats ont clairement fait ressortir la volonté du continent de ne plus être un simple récepteur des normes fiscales mondiales, mais un acteur à part entière dans leur élaboration et leur mise en œuvre.

Selon lui, les différentes sessions ont mis en lumière l’urgence de développer des réponses politiques coordonnées face aux défis techniques liés notamment à l’imposition des services transfrontaliers, à l’économie numérique et aux nouvelles formes de création de valeur.

Son a également insisté sur l’importance pour les pays africains de mettre en place des régimes de prix de transfert solides et cohérents, tout en veillant à aligner les politiques fiscales sur les objectifs géopolitiques, commerciaux et de développement du continent.

Pour sa part, Belema Obuoforibo, présidente du CSAT et membre du Conseil exécutif de l’IBFD, s’est félicitée de la qualité des échanges et du niveau élevé de participation des responsables publics, experts, universitaires et praticiens ayant pris part à ce rendez-vous continental.

Elle a salué aussi le partenariat stratégique noué avec la DGI, mettant en avant l’engagement des autorités marocaines dans la réussite de cette édition organisée pour la première fois au Royaume.

Durant trois jours, les participants ont débattu de plusieurs thématiques stratégiques liées à l’avenir de la fiscalité internationale en Afrique, notamment les évolutions récentes du système fiscal mondial, la fiscalité des services transfrontaliers, les prix de transfert, l’application des conventions fiscales, ainsi que les interactions entre commerce, investissement et souveraineté fiscale.

En outre, les discussions ont porté sur l’administration fiscale du futur, dans le contexte actuel marqué par la transformation numérique, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies, ainsi que sur les enjeux de gouvernance fiscale mondiale et de coopération multilatérale dans un environnement international en mutation rapide.

À l’instar des éditions précédentes de ce symposium, une session spéciale “Focus sur le pays hôte” a été consacrée à la prévention et à la résolution efficaces des litiges fiscaux au Maroc.

 

          

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