
Maghreb: la FAO lance un mécanisme de coordination des initiatives de gestion des systèmes oasiens
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé un mécanisme régional visant à coordonner les initiatives et à capitaliser les expertises en matière de gestion des systèmes oasiens dans les cinq pays du Maghreb.
Il s’agit d’un Centre régional d’excellence dédié au développement et à la durabilité des oasis, basé dans la ville de Tozeur, au sud de la Tunisie, qui a abrité la semaine dernière un atelier consultatif réunissant des acteurs institutionnels et des experts des pays maghrébins.
Selon Mohamed Amrani, fonctionnaire principal des politiques au Bureau régional de la FAO pour l’Afrique du Nord à Tunis, a indiqué que l’organisation onusienne a mis en place ce nouveau mécanisme régional en tant que cadre de réflexion et d’action collective au service des ambitions et priorités des pays maghrébins en matière de gestion durable et intégrée des écosystèmes et des ressources naturelles, ainsi que de renforcement de leur résilience face au changement climatique.
Dans une déclaration à la MAP, l’expert marocain a relevé que le Centre d’excellence consacré aux oasis a notamment pour objectif l’élaboration d’un guide des bonnes pratiques en matière de gouvernance et le renforcement des capacités, afin de capitaliser et valoriser les pratiques locales, les innovations technologiques, ainsi que les initiatives visant à renforcer les chaînes de valeur oasiennes et l’emploi des jeunes dans ces régions.
La FAO ambitionne en particulier de faire de ce centre un cadre de référence en matière de normes de développement durable dans les zones oasiennes, favorisant la transition vers des systèmes alimentaires plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables, tout en améliorant de manière globale les conditions de vie des populations locales.
Et d’ajouter que la création de ce centre vise également à centraliser et diffuser les connaissances liées à la gestion des systèmes oasiens, qu’il s’agisse de la collecte de données et d’études ou encore du recensement, de la classification et du partage des meilleures pratiques et innovations relatives aux systèmes oasiens, afin de soutenir l’élaboration des politiques publiques dans les pays du Maghreb.
Amrani a également souligné que le Centre d’excellence pour les oasis constituera une plateforme d’analyse des tendances, des risques et des opportunités dans les régions oasiennes, permettant ainsi d’anticiper les chocs et les crises et, par conséquent, de renforcer la résilience régionale.
Sur le plan international, l’ambition consiste, selon le responsable de la FAO, à ce que ce nouveau mécanisme régional permette une plaidoirie collective afin d’inscrire les oasis parmi les priorités stratégiques au sein des agendas mondiaux (climat, biodiversité, désertification, systèmes alimentaires), tout en mettant en avant les oasis en tant que laboratoires vivants d’adaptation climatique, de solutions fondées sur la nature et d’intégration territoriale.
Cette coordination multiniveaux devrait ouvrir la voie à la mobilisation de partenariats et de financements internationaux à même de soutenir les pays du Maghreb dans l’élaboration d’initiatives régionales et de programmes finançables destinés au développement durable des oasis.
L’atelier régional consultatif, organisé par la FAO à Tozeur pendant trois jours la semaine dernière, a notamment été l’occasion de faire le point sur la situation actuelle des oasis dans les pays du Maghreb et d’explorer les moyens de renforcer une coopération régionale dans l’objectif d’améliorer l’efficacité des différentes initiatives liées au développement des oasis.
Dans ce cadre, les participants marocains ont souligné la convergence des politiques nationales de développement des oasis avec les engagements internationaux dans les domaines du climat, de la biodiversité et de la lutte contre la désertification.
Les interventions de la délégation marocaine ont mis en exergue l’expérience du Royaume en matière de mobilisation des financements climatiques pour soutenir des projets d’adaptation dans les zones oasiennes, ainsi que dans la consécration de l’importance de l’élément humain dans la durabilité des oasis, notamment à travers l’autonomisation des femmes et des jeunes, l’appui aux coopératives et à l’économie sociale et solidaire, et la valorisation des savoirs traditionnels.
Lors de cet atelier régional, la partie marocaine a présenté une approche fondée notamment sur la gouvernance multi-niveaux, la complémentarité des politiques sectorielles et l’adoption d’outils de planification territoriale intégrée.
L’intérêt porté par la FAO aux écosystèmes oasiens, principalement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi qu’aux menaces qui pèsent sur eux, s’explique par la capacité de ces écosystèmes à favoriser l’adaptation climatique, à lutter contre la désertification et à contribuer à l’approvisionnement alimentaire local.
Les oasis abritent également une biodiversité unique, tandis que leurs populations perpétuent des savoir-faire qui font partie du patrimoine agricole mondial.
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