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Le Maroc élu président d’un comité chargé du déploiement de l’observatoire africain de la sécurité routière

Le Maroc a été élu, jeudi à Johannesburg, président du comité rattaché à la Commission technique spécialisée du transport et de l’énergie de l’Union africaine, chargé du déploiement de l’Observatoire africain de la sécurité routière.

“Ce comité, qui comprend, outre le Maroc, l’Afrique du Sud, la Sierra Leone, le Mozambique, la Namibie et l’Ethiopie, doit tenir une réunion ministérielle avant la fin de l’année 2026”, a déclaré à la MAP le directeur général de l’Agence nationale de la Sécurité routière (NARSA), Benacer Boulaajoul.

Boulaajoul, qui participe à la session ordinaire de la cinquième Commission technique spécialisée du transport et de l’énergie de l’Union africaine (27/30 avril à Johannesburg), a assuré la modération d’un panel sur la sécurité routière en Afrique.

Intervenant à cette occasion, M. Boulaajoul a souligné que “même avec la meilleure stratégie de sécurité routière au monde, sans engagement politique, nous ne pourrons pas avancer ni sauver des vies”.

Notant que “le soutien politique est indispensable pour progresser”, il a estimé que la présence de ministres, experts et responsables africains du secteur dans ce panel “démontre la pertinence de cette complémentarité” et traduit l’importance précieuse d’une combinaison entre décideurs politiques et praticiens.

Boulaajoul a rappelé la présence de 100 ministres, dont 39 africains, ainsi que de plus de 5.000 participants issus de 146 pays à la dernière Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière, tenue à Marrakech en février 2025.

“Nous avons été très heureux de votre contribution, et vous avez clairement soutenu le slogan de la conférence : « Engageons-nous pour la vie »”, a-t-il dit.

La Déclaration de Marrakech, actuellement en cours d’adoption à l’Assemblée générale des Nations Unies, a porté la voix de l’ensemble des pays du monde, et en particulier celle des pays africains, a-t-il ajouté.

Le Maroc a également lancé, pour la première fois, le “Prix international Mohammed VI pour la sécurité routière”, qui sera décerné lors des prochaines conférences ministérielles mondiales sur la sécurité routière.

Citant des données du rapport mondial 2023 de l’OMS sur la sécurité routière en Afrique, il a indiqué que la région africaine a enregistré 19% du total mondial des décès, soit 225.482 victimes, dont plus de 50% sont des usagers vulnérables de la route.

Alors que le nombre de décès a diminué de 5% au niveau mondial, 28 pays africains ont en revanche enregistré une hausse du nombre des victimes de la route, a-t-il signalé, précisant que la région africaine affiche le taux de mortalité le plus élevé, avec 19 décès pour 100.000 habitants.

Selon lui, si d’autres pays ont réussi à réduire l’étendue de l’hécatombe, “nous pouvons le faire aussi” et la voie à suivre est claire.

Il a évoqué, à cet effet, la Résolution 74/299 de l’Assemblée générale des Nations Unies proclamant la Décennie d’action pour la sécurité routière 2021–2030, avec pour objectif de réduire d’au moins 50 % le nombre de morts et de blessés sur les routes.

Le Plan mondial, a-t-il poursuivi, décrit les actions nécessaires pour atteindre cet objectif et appelle les gouvernements et les partenaires à mettre en œuvre une approche intégrée dite du “système sûr”.

Cette approche, qui reconnaît que la sécurité est au cœur du système de transport routier, souligne également que les interactions entre les usagers, les véhicules et les infrastructures doivent garantir un niveau élevé de sécurité, a-t-il conclu.

Placée sous le signe “l’Afrique que nous construisons : le transport et l’énergie comme moteurs de la prospérité de l’Afrique”, la session ordinaire de la cinquième Commission technique spécialisée du transport et de l’énergie de l’Union africaine vise à renforcer la coordination et les politiques communes afin de soutenir l’intégration continentale et la mise en œuvre de l’Agenda 2063.

Cette rencontre vise à accélérer l’agenda d’intégration continentale à travers le renforcement de la coordination, des politiques et des investissements dans les infrastructures.

Elle a pour vocation d’évaluer les progrès du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), ainsi que les solutions liées aux énergies renouvelables et l’accélération de la transition énergétique sur le continent.

Les travaux ont porté sur le transport et la connectivité, notamment le renforcement des liaisons continentales, le développement du marché africain unifié du transport aérien, ainsi que la planification future à travers la discussion des plans d’action sectoriels pour la période 2026–2027 et de la stratégie des statistiques de l’énergie (2026–2031).

Les participants ont examiné aussi l’adoption du plan d’action 2025–2027, le développement du secteur des transports (aérien, ferroviaire, maritime et routier) avec un accent sur la sécurité et la numérisation, ainsi que les moyens de transformation énergétique à travers la révision des initiatives liées aux énergies renouvelables, l’intégration des marchés et le renforcement du rôle de la Commission africaine de l’énergie.

Ils se sont penchés également sur la mobilisation des financements pour renforcer la connectivité régionale et soutenir la transition vers des systèmes énergétiques propres et durables.

La délégation marocaine aux travaux de cette session est composée, outre M. Boulaajoul, du directeur général de l’aviation civile Tarik Talbi, et du directeur des Réseaux de transport, de stockage et de distribution d’énergie au ministère de la Transition énergétique et du développement durable, département de la Transition énergétique, Abdelali Lefdaoui.

Elle inclut également le directeur de la Stratégie, des programmes et de la coordination des transports, au ministère du Transport et de la Logistique, Adil Bahi, le directeur du Centre national d’études et de recherches routières Mohamed Hamdi, ainsi que le chef de la division des énergies durables à la direction de l’énergie durable et de l’efficacité énergétique, Karim El Assefry.

 

          

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