
Gouvernance territoriale dans la région Souss-Massa
Gouvernance territoriale dans la région Souss-Massa : Vers une rupture avec les lenteurs et la concrétisation des directives royales pour le développement et la justice spatiale.
- Par : Rachid Fassih //
Chercheur et spécialiste des questions d’environnement et de développement
La région Souss-Massa s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la gestion des affaires territoriales, sous le signe de : « La rupture avec les lenteurs, la réorganisation des priorités et l’accélération de la mise en œuvre de la régionalisation avancée ».
Ce tournant s’inscrit dans le prolongement des directives royales fermes contenues dans le discours d’ouverture de la session parlementaire (octobre 2026), qui ont clairement appelé à mettre fin aux obstacles bureaucratiques ainsi qu’aux retards dans le transfert des compétences et des ressources du centre vers les régions et les provinces.
Face aux défis structurels auxquels la région est confrontée — au premier rang desquels le stress hydrique, le changement climatique et les disparités spatiales entre le pôle urbain du Grand Agadir et les zones rurales et montagneuses —, une question centrale s’impose : comment transformer la gouvernance administrative et territoriale d’un simple slogan institutionnel en une dynamique de terrain dont le citoyen du Souss ressentira l’impact dans son quotidien ?
1. Le séisme du discours royal : Fin du temps de l’hésitation et des retards
Le discours royal constitue un jalon décisif dans le processus de déconcentration administrative, en traçant des lignes rouges face aux lenteurs bureaucratiques et au flou entourant la définition des compétences.
Le message adressé aux acteurs territoriaux de la région est sans équivoque : l’autonomie décisionnelle et le transfert des ressources financières et humaines aux services déconcentrés ne sont plus une option différée, mais une exigence stratégique impérative.
Pour réussir les programmes de développement dans le Souss-Massa, il est indispensable d’accélérer la mise en œuvre de la Charte de la déconcentration administrative.
C’est la condition préalable qui permettra aux services régionaux de répondre avec flexibilité et rapidité aux exigences locales et environnementales, sans dépendre constamment du pouvoir central à Rabat.
2. Dépasser les obstacles Procéduraux et instaurer la transparence
Parmi les lacunes procédurales majeures qui ont longtemps perturbé le fonctionnement normal des conseils régionaux figure le phénomène du manque de quorum et le report des sessions, ce qui entraîne le gel de décisions cruciales et retarde la mise en œuvre du Programme de Développement Régional (PDR).
Pour remédier à ces dysfonctionnements, l’application rigoureuse de la loi (notamment l’article 67 de la loi organique 111.14), la digitalisation et la publication de la liste des absents auprès de l’opinion publique sont devenues une nécessité urgente. Cela permettra de consolider un consensus responsable, de consacrer le principe de reddition des comptes et de garantir la régularité et la continuité des institutions.
3. Session d’octobre 2026 : Une déclinaison sur le terrain et des résultats décisifs
La traduction concrète de cette dynamique s’est illustrée lors des travaux de la session ordinaire du mois d’octobre 2026 du Conseil de la région Souss-Massa (présidée par M. Karim Achengli, en présence du Wali de la région, M. Saïd Amzazi), avec l’approbation de 19 points stratégiques confirmant le passage effectif de la planification à l’exécution.
Les principaux résultats se résument comme suit : Gouvernance et digitalisation : Création de la Société de Développement Régional (SDR) pour le développement numérique et l’intelligence territoriale, lancement d’une plateforme numérique de suivi des projets régionaux et dynamisation de la Cité de l’Innovation.
Investissement et emploi : Conclusion de partenariats internationaux de qualité, notamment avec la firme américaine « Oracle » et la Fondation internationale « Mastercard » pour le soutien à la technologie et aux compétences.
Justice spatiale et tourisme : Lancement des projets de développement urbain à Taroudant, renforcement de la promotion touristique et soutien à de grands événements tels que le « Taghazout Surf Expo ».
Volet social et financier : Adoption du budget de l’exercice 2027, approvisionnement en produits pharmaceutiques pour les patients souffrant d’insuffisance rénale, et soutien aux services de la Sûreté Nationale, de la Promotion Nationale et du sport.
4. Le triptyque des réformes et l’agenda d’avenir
Pour pérennisations cette dynamique, la gouvernance territoriale dans la région reste conditionnée par la focalisation sur trois axes fondamentaux : Sécurité hydrique et écologique : Faire du dossier de l’eau une priorité absolue en accélérant les projets de dessalement, le recyclage des eaux usées et la protection des écosystèmes (notamment l’arganier et le thuya).
Réduction des disparités spatiales : Poursuivre la réorientation des budgets et le transfert de projets vers les provinces les plus vulnérables (Taroudant, Tata, Tiznit et Chtouka Aït Baha) afin de réaliser un équilibre territorial.
Optimisation des ressources : Adopter un agenda étape par étape précis et des mécanismes d’évaluation d’impact périodiques et indépendants, pilotés par l’Agence Régionale d’Exécution des Projets (AREP).
Perspective d’avenir : La concrétisation des directives royales dans la région Souss-Massa dépasse le cadre de la tenue de réunions et de la rédaction de rapports ; c’est un test réel de la volonté politique et administrative visant à faire de l’institution régionale un véritable moteur de développement durable et de justice spatiale.
Le défi d’aujourd’hui est de passer de la « logique des procédures » à la « logique des résultats », afin que le Souss-Massa devienne un modèle exemplaire de gouvernance territoriale dans le Royaume.
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