{"id":133595,"date":"2023-11-25T22:18:05","date_gmt":"2023-11-25T21:18:05","guid":{"rendered":"https:\/\/agadirtoday.com\/?p=133595"},"modified":"2023-11-25T22:18:05","modified_gmt":"2023-11-25T21:18:05","slug":"mieux-connaitre-mohammed-khair-eddine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/agadirtoday.com\/?p=133595&lang=fr","title":{"rendered":"Mieux connaitre Mohammed KHAIR-EDDINE.."},"content":{"rendered":"<p>Agadir today\u00a0 publie ce t\u00e9moignage sur mohamed khair-ddine, present\u00e9 par\u00a0 son fr\u00e8re cadet Hmad\u00a0 \u00e0 Azrou Ouado, Tafraouit Amalen,\u00a0 le 28\/07\/2021 lors d&rsquo;une conference qui avait pour theme le feu Med khair-ddine ..On le publie \u00e0 l&rsquo;occasion de\u00a0 l&rsquo;anniversaire du deces de l&rsquo;\u00e9crivain Med Khair-ddine.<\/p>\n<p>Le texte de Hmad khair-ddine:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\uf0d8 Qui est Dda Moh ?<\/p>\n<p>Dadda ou Dda se place avant le pr\u00e9nom masculin pour exprimer le respect d\u00fb \u00e0 une personne plus \u00e2g\u00e9e. Taba pour les pr\u00e9noms f\u00e9minins.<\/p>\n<p>Dadda Mohammad ou Dda Moh est l&rsquo;a\u00een\u00e9 du couple M&rsquo;hamed Ouaabll et Aicha Lmhjoub de la famille Bellouhm, appel\u00e9e aussi Ait Louhm par ceux qui veulent l&rsquo;offenser en raison du physique du grand p\u00e8re, petit, maigrichon et bossu, mais d&rsquo;une douceur et d&rsquo;une gentillesse in\u00e9galables.<\/p>\n<p><strong>\uf0d8 Le vrai nom de Dda Moh<\/strong><\/p>\n<p>Dda Moh s&rsquo;appelle en r\u00e9alit\u00e9, Mohammad ben M&rsquo;hamed ben Abdellah ben M&rsquo;hamed ben Ahmed AKHDDAR.<\/p>\n<p>KHAIR-EDDINE est le nom de famille relativement r\u00e9cent qui ne date que de 1952, ann\u00e9e de l&rsquo;inscription au registre de l&rsquo;\u00e9tat civil, instaur\u00e9 au Maroc par le d\u00e9cret du 8 mars 1950. \uf0d8 Les date, lieux de naissance et de d\u00e9c\u00e8s de Dda Moh<\/p>\n<p>Dda Moh est n\u00e9 le 15 mai 1942 au douar Azrou Ouado. Il s&rsquo;agit l\u00e0 de la date r\u00e9elle consign\u00e9e par le fqih de timzguid, le jour m\u00eame de sa naissance.<\/p>\n<p>Dda Moh est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 18 novembre 1995 \u00e0 Rabat, \u00e0 la suite d&rsquo;un carcinome de la m\u00e2choire. C&rsquo;est au cimeti\u00e8re des martyrs de cette m\u00eame ville o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 le 20 novembre 1995 cons\u00e9cutivement aux hautes instructions de feu SM Hassan II. \uf0d8 Les ann\u00e9es d&rsquo;enfance et d&rsquo;apprentissage de Dda Moh<\/p>\n<p>Dda Moh a pass\u00e9 ses neuf premi\u00e8res ann\u00e9es au bled, tamazirt, o\u00f9 il a fr\u00e9quent\u00e9 l&rsquo;\u00e9cole coranique du douar, timzguid ougadir. Toute la famille, \u00e0 l&rsquo;exception du papa qui travaillait dans le commerce \u00e0 Casablanca, vivait au bled.<\/p>\n<p>En 1951, le papa trouve un associ\u00e9 et ouvre une droguerie au Bd des R\u00e9giments coloniaux, Ziraoui actuellement. Il en profite pour faire venir Dda Moh qu&rsquo;il inscrit \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole Abdelkrim Lahlou en classe de CP, ann\u00e9e scolaire 1951\/1952.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9cole Abdelkrim Lahlou, sise au Bd Bonaparte, Moulay Idriss 1er actuellement, \u00e9tait une \u00e9cole primaire priv\u00e9e qui appartenait aux istiqlaliens. Le corps enseignant totalement marocain dispensait un enseignement bilingue, une demi-journ\u00e9e d&rsquo;arabe et une demijourn\u00e9e de fran\u00e7ais. Dda Moh y suivit ses \u00e9tudes primaires jusqu&rsquo;en 1956, ann\u00e9e o\u00f9 il d\u00e9crocha son passage au lyc\u00e9e Moulay Hassan, Bd Victor Hugo, Quartier Martinet. Dda Moh fr\u00e9quenta le lyc\u00e9e de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re depuis la classe de sixi\u00e8me, ann\u00e9e scolaire 1956\/1957 jusqu&rsquo;en classe de troisi\u00e8me, ann\u00e9e scolaire 1959\/1960. Les ann\u00e9es scolaires 1960\/1961, classe de seconde, et 1961\/1962, classe de premi\u00e8re, quant \u00e0 elles, \u00e9taient ponctu\u00e9es de fugues plus ou moins longues. Ce sont ces ann\u00e9es-l\u00e0 qui ont marqu\u00e9 le d\u00e9but de la r\u00e9bellion de Dda Moh.<\/p>\n<p>En classe de sixi\u00e8me, Dda Moh, eut comme professeur de fran\u00e7ais M. Claude MAUMAL et comme camarade de classe El Mostafa NISSABOURY. Sur la photo de classe Dda Moh et Nissa \u00e9taient au premier rang de part et d&rsquo;autre du professeur MAUMAL.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai tenu \u00e0 parler de Nissa et de Maumal parce que le premier, toujours vivant, est un grand po\u00e8te marocain d&rsquo;expression fran\u00e7aise qui est rest\u00e9 ami avec Dda Moh, des ann\u00e9es durant apr\u00e8s le lyc\u00e9e, et le second quant \u00e0 lui est un professeur imminent qui estimait beaucoup Dda Moh et qui, en classe de seconde, ne corrigeait m\u00eame plus ses dissertations. Il se contentait de les annoter \u00ab\u00a0Ce texte m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre publi\u00e9\u00a0\u00bb. \uf0d8 Dda Moh, le dur, l&rsquo;enfant terrible<\/p>\n<p>D&rsquo;aucuns disent de Dda Moh qu&rsquo;il est dur, voire agressif m\u00eame. Normal pour quelqu&rsquo;un qui a beaucoup souffert pendant toute son enfance, tant au bled qu&rsquo;\u00e0 Casablanca.<\/p>\n<p>Au bled, \u00e0 ces heures libres, on le faisait participer aux travaux m\u00e9nagers et aux travaux des champs. \u00c0 timzguid, le fqih \u00e9tait loin d&rsquo;\u00eatre cl\u00e9ment et ne savait donner que des paires de claques en guise de r\u00e9compense.<\/p>\n<p>\u00c0 Casa, pas de maison durant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es. Dda Moh mangeait et dormait derri\u00e8re le comptoir avec les employ\u00e9s. Au r\u00e9veil, il fallait sortir les marchandises qu&rsquo;il fallait ranger sur la devanture du magasin, balayer le trottoir avant de prendre le petit d\u00e9jeuner et d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Au retour de l&rsquo;\u00e9cole, il fallait faire la poussi\u00e8re et rentrer les marchandises avant de diner et de s&rsquo;allonger derri\u00e8re le comptoir. Des journ\u00e9es bien pleines et tr\u00e8s fatigantes, sans compter qu&rsquo;il fallait trouver un moment pour apprendre les le\u00e7ons et faire les devoirs. Sinon, le lendemain, c&rsquo;est la falaqa.<\/p>\n<p>Le papa a pu finalement trouver une petite pi\u00e8ce exigu\u00eb, sise Rue Point du jour, qu&rsquo;il a pris en location et o\u00f9 les employ\u00e9s au nombre de deux, voire trois, Dda Moh et moi-m\u00eame, nous nous entassons comme des sardines. Le papa quant \u00e0 lui s&rsquo;est toujours d\u00e9brouill\u00e9 pour passer la nuit ailleurs, m\u00eame du temps o\u00f9 l&rsquo;on dormait derri\u00e8re le comptoir. \uf0d8 Le divorce<\/p>\n<p>Le papa donna la droguerie en g\u00e9rance et s&rsquo;en alla au bled pour se reposer et reprendre des forces. C&rsquo;\u00e9tait en 1953, l&rsquo;ann\u00e9e de l&rsquo;exil de feu Mohammed V, l&rsquo;ann\u00e9e de tous les malheurs parce que c&rsquo;\u00e9tait aussi l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 la maman avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9pudi\u00e9e. Il ne tarda pas \u00e0 se remarier avec une jeune femme divorc\u00e9e sans enfant qui lui donna une fratrie de six, cinq gar\u00e7ons et une fille. Nous, enfants de Aicha Lmhjoub, \u00e9tions au nombre de quatre, deux gar\u00e7ons et deux filles.<\/p>\n<p>D\u00e8s le lendemain de l&rsquo;ind\u00e9pendance, le papa loua un appartement, Rue Point du jour et fit venir son \u00e9pouse. La vie n&rsquo;\u00e9tait pas bien meilleure pour Dda Moh qui, pour fuir la r\u00e9alit\u00e9 am\u00e8re, commen\u00e7a d&rsquo;abord par s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la chanson berb\u00e8re de Lhaj Belaid, ensuite arabe de Mohammed Abdelouahab et enfin \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture.<\/p>\n<p>La nouvelle vie avec la belle-m\u00e8re ne plaisait gu\u00e8re \u00e0 Dda Moh qui n&rsquo;arr\u00eatait pas d&rsquo;\u00e9chafauder des plans de fugue. Il vivait tr\u00e8s mal le divorce, mais malgr\u00e9 la col\u00e8re, le d\u00e9sespoir et le chagrin, Il tenait le coup et ne c\u00e9dait pas \u00e0 la tentation de fuguer, du moins pas encore. Pour oublier, Dda Moh lisait beaucoup. Il pouvait avaler plus d&rsquo;un roman par jour. Il chantait Lhaj Belaid et Mohammed Abdelouhab et parfaisait ses connaissances en versification.<\/p>\n<p>Il adorait Rimbaud, Verlaine, Baudelaire, Mallarm\u00e9 et j&rsquo;en passe. Il connaissait tout. Une v\u00e9ritable encyclop\u00e9die ambulante.<\/p>\n<p><strong>\uf0d8 Dda Moh entre dans le monde de la po\u00e9sie<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e8s la classe de sixi\u00e8me, ann\u00e9e scolaire 1956\/1957, Dda Moh a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire des po\u00e8mes, des alexandrins sous forme de sonnets qu&rsquo;il faisait publier dans La Vigie Marocaine, actuellement Maroc Soir.<\/p>\n<p>Les poches de Dda Moh \u00e9taient toujours pleines de paperasses, des po\u00e8mes termin\u00e9s ou \u00e0 peine commenc\u00e9s.<\/p>\n<p>Un jour de f\u00eate, une f\u00eate religieuse musulmane de 1958 ou 1959, je ne me rappelle plus tr\u00e8s bien de l&rsquo;ann\u00e9e, le papa nous refila un peu d&rsquo;argent, cinq dirhams chacun, si ma m\u00e9moire est bonne. Dda Moh voulait \u00e0 tout prix acheter \u00ab\u00a0Les Fleurs du mal\u00a0\u00bb de Charles Baudelaire. Pour ce, je lui remis, \u00e0 sa demande, mes cinq dirhams. Dix dirhams en poche, Dda Moh p\u00e9n\u00e9tra dans une boutique de la rue de l&rsquo;horloge, Allal ben Abdellah actuellement.<\/p>\n<ul>\n<li>Bonjour monsieur, auriez-vous s&rsquo;il vous plait Les Fleurs du mal de Baudelaire ? &#8211; C&rsquo;est pour vous ?<\/li>\n<li>Oui monsieur.<\/li>\n<li>Mais jeune homme, c&rsquo;est d&rsquo;un niveau qui vous d\u00e9passe.<\/li>\n<li>Non monsieur. Sachez que moi-m\u00eame, je suis po\u00e8te et Dda Moh remit au monsieur quelques-uns de ses po\u00e8mes qu&rsquo;il sortit de la poche de son pantalon.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sans r\u00e9torquer, le monsieur lui remit le bouquin sans encaisser le moindre sou et nota l&rsquo;adresse de Dda Moh. Ce monsieur du nom d&rsquo;Amoyel, n&rsquo;\u00e9tait autre que le Pr\u00e9sident des Amiti\u00e9s Po\u00e9tiques et Litt\u00e9raires de Casablanca.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que Dda Moh int\u00e9gra le cercle des po\u00e8tes de Casablanca. El Mostafa NISSABOURY ne tarda gu\u00e8re \u00e0 le rejoindre.<\/p>\n<p>Depuis, Dda Moh et Nissa, assistaient r\u00e9guli\u00e8rement aux banquets organis\u00e9s par les APLC au Petit Poucet, Bd Mohammmed V.<\/p>\n<p>Ces po\u00e8tes \u00e9taient tous sympathiques. J&rsquo;en connaissais quelques-uns qui m&rsquo;aimaient fort bien : Amoyel, Nissaboury, Franco, Armando, Matougui et j&rsquo;en passe.<\/p>\n<p><strong>\uf0d8 Les premi\u00e8res fugues et l&rsquo;abandon scolaire<\/strong><\/p>\n<p>Dda Moh a commenc\u00e9 \u00e0 fuguer d\u00e8s la classe de seconde, ann\u00e9e scolaire 1960\/1961. Des fugues plus ou moins longues. \u00c0 chaque fois le papa le ramenait \u00e0 la maison et l&rsquo;accompagnait au lyc\u00e9e pour l&rsquo;excuser aupr\u00e8s de la direction. Dda Moh \u00e9tait r\u00e9volt\u00e9. Il en voulait \u00e0 tout le monde et vivait mal la r\u00e9pudiation de la maman. Il passa en premi\u00e8re, haut la main, sans examen de passage, et ce malgr\u00e9 les absences r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n<p>La r\u00e9volte devenait de plus en plus forte et le d\u00e9sir de tout balancer aussi. C&rsquo;est ainsi que d\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e scolaire 1961\/1962, classe de premi\u00e8re, Dda Moh croyait partir pour de bon en se faisant embaucher comme contr\u00f4leur \u00e0 la Caisse d&rsquo;Aide Sociale, Bd Ziraoui. Le papa ne s&rsquo;avoue pas vaincu et ne baisse pas les bras. Il intervient aupr\u00e8s des responsables de la Caisse pour virer Dda Moh qu&rsquo;il ram\u00e8ne au lyc\u00e9e. Pour Dda Moh, \u00e7a n&rsquo;est que partie remise. Il d\u00e9cida alors de partir pour de bon et se fait embaucher une fois de plus par le m\u00eame employeur, comme inspecteur, mais cette fois-ci \u00e0 Agadir, bien loin du papa. El Mostafa NISSABOURY, ne tarda pas \u00e0 suivre Dda Moh dans le sud et trouva, si je ne m&rsquo;abuse, un job au Ca\u00efdat des Oulad Berrhil. \uf0d8 Le retour \u00e0 Casablanca<\/p>\n<p>Dda Moh, employ\u00e9 Caisse d&rsquo;Aide Sociale, devenue CNSS, retourne \u00e0 Casablanca en 1963. Il \u00e9lit domicile \u00e0 la rue Laperrine au quartier Benjdia, d&rsquo;abord au meubl\u00e9 \u00ab\u00a0Florida\u00a0\u00bb, ensuite aux studios \u00ab\u00a0Los Angeles Appartements\u00a0\u00bb. Il passait tout son temps \u00e0 boire et \u00e0 \u00e9crire. Il n&rsquo;allait au boulot que tr\u00e8s rarement. Il termina un roman dont je ne me souviens plus du titre qu&rsquo;il envoya par courrier aux Editions Gallimard pour publication. Le bouquin lui fut retourn\u00e9 et \u00e7a ne lui avait pas plu du tout. \uf0d8 D\u00e9part pour la France<\/p>\n<p>Dda Moh a mal encaiss\u00e9 le fait que Gallimard a refus\u00e9 d&rsquo;\u00e9diter son roman. Un jour de l&rsquo;ann\u00e9e 1965, il me dit, tu sais Hmad, si je veux que mes bouquins soient publi\u00e9s, il faut que je parte. Je dois secouer ces connards d&rsquo;\u00e9diteurs. C&rsquo;est ainsi que Dda Moh quitta le pays un beau matin de septembre 1965. Il est parti en train. C&rsquo;est moi-m\u00eame qui l&rsquo;ai accompagn\u00e9 \u00e0 Casaport.<\/p>\n<p><strong>\uf0d8 Quatorze ans d&rsquo;exil volontaire<\/strong><\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s quatorze ans, en 1979, que Dda Moh est retourn\u00e9 au pays. Il a \u00e9pous\u00e9 au tout d\u00e9but de son exil volontaire Annie DUFOIR avec qui il a eu un enfant du nom d&rsquo;Alexandre. Pendant ces longues ann\u00e9es d&rsquo;exil volontaire, Dda Moh a beaucoup \u00e9crit et publi\u00e9 aux \u00e9ditions du seuil. Agadir (1967) &#8211; Corps n\u00e9gatif suivi de Histoire d&rsquo;un bon Dieu (1968) &#8211; Soleil arachnide (1969) &#8211; Moi, l&rsquo;aigre (1970) \u2013 Le D\u00e9terreur (1973) \u2013 Ce Maroc (1975) \u2013 Une odeur de mant\u00e8que (1976) \u2013 Une vie, un r\u00eave, un peuple toujours errants (1978).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quatorze ans d&rsquo;exil volontaire, Dda Moh n&rsquo;en pouvait plus. Il ne supportait plus la vie parisienne et apparemment c\u00f4t\u00e9 familial, \u00e7a ne gazait plus avec Annie.<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;une mission \u00e0 Paris, il nous a invit\u00e9s \u00e0 diner chez lui, mon ex et moi, et c&rsquo;est pendant ce diner l\u00e0 que j&rsquo;ai senti le ras-le-bol de Dda Moh, qui pour autant, n&rsquo;a rien laiss\u00e9 paraitre, alors qu&rsquo;il \u00e9tait peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 en train de pr\u00e9parer son retour au pays avec le ministre pl\u00e9nipotentiaire, El JAI de l&rsquo;ambassade du Maroc.<\/p>\n<p>Au lieu de m&rsquo;appeler au t\u00e9l\u00e9phone comme il avait l&rsquo;habitude de faire, Dda Moh m&rsquo;envoya un t\u00e9l\u00e9gramme pour m&rsquo;informer qu&rsquo;il envisageait de rentrer au Maroc par le vol Air France d&rsquo;une certaine date du mois de juillet ou du mois d&rsquo;ao\u00fbt 1979. Je ne me souviens plus de la date exacte, mais peu importe. Non et non me disais-je. Il ne faut pas qu&rsquo;il rentre au pays. Il risque gros. Moi-m\u00eame au retour de mission, j&rsquo;ai eu des probl\u00e8mes avec la police des fronti\u00e8res de Nouasseur qui croyait qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de Dda Moh, tellement la ressemblance \u00e9tait frappante. Pour le dissuader, j&rsquo;essaie de le joindre au t\u00e9l\u00e9phone, en vain. Par le biais d&rsquo;un ami parisien, je le mets au courant des probl\u00e8mes que, moi-m\u00eame, j&rsquo;ai rencontr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport, et dieu merci, il annule sa r\u00e9servation. Mais \u00e7a n&rsquo;est que partie remise. Il d\u00e9barque quelques jours apr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport de Nouasseur et se fait embarquer destination commissariat central de Casablanca o\u00f9 il s\u00e9journa une bonne quinzaine de jours, je crois, avant de recouvrer la libert\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention de son ami feu L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor aupr\u00e8s de feu SM Hassan II.<\/p>\n<p>Pour celles et ceux qui croient dur comme fer que Dda Moh \u00e9tait engag\u00e9 et avait des penchants politiques, je leur dis tout simplement qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 quelque parti politique que ce soit et, sauf erreur, il n&rsquo;aime pas la politique et ex\u00e8cre les politiques et quand il veut dire merde, il le dit. Point barre.<\/p>\n<p><strong>\uf0d8 La r\u00e9conciliation<\/strong><\/p>\n<p>Entre 1979 et 1986, Dda Moh n&rsquo;a pas cess\u00e9 de parcourir le Maroc du nord au sud et a \u00e9crit pas mal de chroniques pour le compte du magazine \u00ab\u00a0Le Message de la Nation\u00a0\u00bb de feu Maati BOUABID. Il a aussi beaucoup \u00e9crit sur les provinces du sud pour le compte de l&rsquo;int\u00e9rieur. Finie la gu\u00e9guerre entre feu Driss BASRI et lui. Dda Moh n&rsquo;a pas oubli\u00e9 Al Bayane des Yaata \u00e0 qui il a consacr\u00e9 pas mal de publications.<\/p>\n<p>Le Palais savait que Dda Moh ne pouvait nuire et qu&rsquo;il pouvait m\u00eame \u00eatre utile \u00e0 condition de savoir composer avec lui. Feu SM Hassan II adorait certains de ses \u00e9crits semble-t-il. En 1981, il publia chez Stouki, Rabat, un recueil de po\u00e8mes intitul\u00e9 \u00ab\u00a0R\u00e9surrection des fleurs sauvages\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En 1984, il publia chez le seuil un roman intitul\u00e9 \u00ab\u00a0L\u00e9gende et vie d&rsquo;Agoun&rsquo;chich\u00a0\u00bb. C&rsquo;est ce roman-l\u00e0 qui lui a valu le passage \u00e0 l&rsquo;\u00e9mission \u00ab\u00a0Apostrophes\u00a0\u00bb pr\u00e9sent\u00e9e sur Antenne 2 par Bernard PIVOT.<\/p>\n<p>En 1992, il publia chez Le Cherche Midi un petit recueil intitul\u00e9 \u00ab\u00a0M\u00e9morial\u00a0\u00bb, une vraie bombe litt\u00e9raire semble-t-il.<\/p>\n<p><strong>\uf0d8 Entre Rabat et Paris<\/strong><\/p>\n<p>Je sais que Dda Moh a fait des s\u00e9jours \u00e0 Paris entre la fin des ann\u00e9es quatre-vingt et le d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt-dix. Il logeait chez une certaine Martine HEUZE, une belge je crois. Quand, comment et pendant combien de temps, je ne saurais le dire. Tout ce que je sais, c&rsquo;est qu&rsquo;il m&rsquo;appelait souvent de chez Martine, quand j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 Dakar, entre 1988 et 1991. Ce dont je suis s\u00fbr, c&rsquo;est qu&rsquo;il \u00e9tait toujours \u00e0 Paris au moment de mon rapatriement au mois de septembre 1991.<\/p>\n<p>Sauf erreur, je crois qu&rsquo;il est rentr\u00e9 d\u00e9finitivement au Maroc, malade, en 1993.<\/p>\n<p><strong>\uf0d8 La maladie qui emporta Dda Moh<\/strong><\/p>\n<p>J&rsquo;\u00e9tais expatri\u00e9 en Afrique subsaharienne de 1987 \u00e0 1991 et je m&rsquo;\u00e9tais un peu d\u00e9connect\u00e9 de Dda Moh en raison de mes activit\u00e9s professionnelles.<\/p>\n<p>Je ne saurais donc dire de mani\u00e8re exacte comment Dda Moh a contract\u00e9 la sale maladie qui a mis fin \u00e0 ses jours. Tout ce que je sais, c&rsquo;est que feu SM Hassan II a bien pris soin de lui, prise en charge totale, pendant tout son s\u00e9jour \u00e0 Rabat jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort. \uf0d8 Publications \u00e0 titre posthume<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Dda Moh, madame Harrosh de l&rsquo;h\u00f4tel Balima, Rabat, me remit un sac de voyage plein de manuscrits que j&rsquo;ai gard\u00e9 pr\u00e9cieusement et que j&rsquo;ai remis en mains propres \u00e0 Alexandre lors de l&rsquo;unique visite qu&rsquo;il m&rsquo;a rendue \u00e0 Casablanca en 1997. C&rsquo;est Alex qui s&rsquo;est occup\u00e9 de la publication des \u0153uvres posthumes dont notamment : \u00ab\u00a0Il \u00e9tait une fois un vieux couple heureux\u00a0\u00bb, Le Seuil 2002 et le dernier journal ao\u00fbt 1995 intitul\u00e9\u00a0\u00bbOn ne met pas en cage un oiseau pareil\u00a0\u00bb, William Blake &amp; Co 2001,.\u00a0 \uf0d8 En guise de conclusion<\/p>\n<p>Je ne regrette qu&rsquo;une seule chose, c&rsquo;est de ne pas avoir conserv\u00e9 les coupures de journaux, les po\u00e8mes manuscrits, toutes les photos et notamment la photo de classe de l&rsquo;ann\u00e9e scolaire 1956\/1957, ainsi que toutes les correspondances \u00e9chang\u00e9es avec Dda Moh depuis son installation \u00e0 Agadir jusqu&rsquo;\u00e0 son retour d\u00e9finitif au Maroc.<\/p>\n<p>Je vous remercie d&rsquo;avoir eu suffisamment de patience pour \u00e9couter cet expos\u00e9 sur la biographie de Mohammed KHAIR-EDDINE, alias Dda Moh.<\/p>\n<p>Dieu l&rsquo;ait en sa sainte mis\u00e9ricorde.<\/p>\n<p>Ahmed KHAIR EDDINE, fr\u00e8re de Mohammed KHAIR EDDINE<\/p>\n<p>Azrou Ouado, le 28\/07\/2021&Prime;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Agadir today\u00a0 publie ce t\u00e9moignage sur mohamed khair-ddine, present\u00e9 par\u00a0 son fr\u00e8re cadet Hmad\u00a0 \u00e0 Azrou Ouado, Tafraouit Amalen,\u00a0 le 28\/07\/2021 lors d&rsquo;une conference qui avait pour theme le feu Med khair-ddine ..On le publie \u00e0 l&rsquo;occasion de\u00a0 l&rsquo;anniversaire du deces de l&rsquo;\u00e9crivain Med Khair-ddine. Le texte de Hmad khair-ddine: \u00ab\u00a0\uf0d8 Qui est Dda Moh &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":133643,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"googlesitekit_rrm_CAowteS_DA:productID":"","footnotes":"","iawp_total_views":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[144],"tags":[19779,19781],"jetpack_publicize_connections":[],"lang":"fr","translations":{"fr":133595},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/IMG_20231125_220855.jpg?fit=459%2C326&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/peJLke-yKL","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack-related-posts":[],"pll_sync_post":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/133595"}],"collection":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=133595"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/133595\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":133641,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/133595\/revisions\/133641"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/133643"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=133595"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=133595"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=133595"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}