{"id":126234,"date":"2023-10-06T20:37:40","date_gmt":"2023-10-06T19:37:40","guid":{"rendered":"https:\/\/agadirtoday.info\/?p=126234"},"modified":"2023-10-11T16:45:08","modified_gmt":"2023-10-11T15:45:08","slug":"le-haut-atlas-filme-par-andre-zwobada-symphonie-berbere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/agadirtoday.com\/?p=126234&lang=fr","title":{"rendered":"Le Haut Atlas film\u00e9 par Andr\u00e9 Zwobada: Symphonie berb\u00e8re"},"content":{"rendered":"<ul>\n<li><u>Mohammed Bakrim \/\/<br \/>\n<\/u><\/li>\n<\/ul>\n<p>C\u2019est une figure atypique du cin\u00e9ma dit \u00ab\u00a0colonial\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Zwobada (1910 &#8211; 1994), producteur (il produira en 1966, le premier film d\u2019Afrique noire, la Noire de \u2026de Sembene Ousmane !), a travaill\u00e9 comme assistant r\u00e9alisateur et comme acteur avec Jean Renoir.<\/p>\n<p><img data-attachment-id=\"126236\" data-permalink=\"https:\/\/agadirtoday.com\/?attachment_id=126236\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere-.jpg?fit=648%2C356&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"648,356\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"Synphonie berbere\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere-.jpg?fit=300%2C165&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere-.jpg?fit=648%2C356&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-126236 aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere-.jpg?resize=300%2C165&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"165\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere-.jpg?resize=300%2C165&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere-.jpg?w=648&amp;ssl=1 648w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" title=\"\" data-recalc-dims=\"1\"><\/p>\n<p>Arriv\u00e9 au Maroc d\u00e9but des ann\u00e9es 1940, il adopta le pays. Le pays comme une soci\u00e9t\u00e9 riche de son patrimoine et comme une culture authentique.<\/p>\n<p>Il arrive au moment o\u00f9 les autorit\u00e9s coloniales voulaient lancer un embryon de cin\u00e9ma \u00ab local \u00bb pour concurrencer le cin\u00e9ma \u00e9gyptien qui commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre per\u00e7us dans sa symbolique politique plus qu\u2019un loisir par les spectateurs des salles de la M\u00e9dina\u2026<\/p>\n<p>Zwobada contribua activement au projet mais \u00e0 partir de son point de vue ; celui de mettre en valeur une culture.<\/p>\n<p><img data-attachment-id=\"126237\" data-permalink=\"https:\/\/agadirtoday.com\/?attachment_id=126237\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere1.jpg?fit=641%2C427&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"641,427\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"Synphonie berbere1\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere1.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere1.jpg?fit=641%2C427&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-126237 aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere1.jpg?resize=300%2C200&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Synphonie-berbere1.jpg?w=641&amp;ssl=1 641w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" title=\"\" data-recalc-dims=\"1\"><\/p>\n<p>Il r\u00e9alise ainsi La septi\u00e8me porte (1947) dans deux versions (fran\u00e7aise et arabe).<\/p>\n<p>Le cin\u00e9aste marocain, Feu Ahmed Bouanani lui rendit hommage en intitulant son livre sur l\u2019histoire du cin\u00e9ma au Maroc \u00ab La septi\u00e8me porte\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019approche \u00ab culturaliste \u00bb non europ\u00e9o-centriste, pr\u00e9conis\u00e9e par Zwobada ne va pas susciter l\u2019int\u00e9r\u00eat des financiers europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Et c\u2019est une soci\u00e9t\u00e9 de production marocaine, \u00ab Studio Maghreb \u00bb, de Mohamed Laghzaoui qui va produire son film suivant, Noces de sable (1948) dont le commentaire a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit et dit par Jean Cocteau.<\/p>\n<p>Outre ses films ses longs m\u00e9trages de fiction, Zwobada va r\u00e9aliser de nombreux documentaires dont Symphonie berb\u00e8re (1947) o\u00f9 il filme le Haut Atlas \u00e0 partir de la route nationale 203.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un court g\u00e9n\u00e9rique pr\u00e9sentant le film comme une coproduction maroco-fran\u00e7aise, trois plans en ouverture donnent le ton de ce qui sera l\u2019atmosph\u00e8re du film.<\/p>\n<p>Des plans qui permettent de signifier le lieu et d\u2019annoncer le programme : d\u2019abord, le plan de la Koutoubia majestueuse\u00a0; ensuite le Haut Atlas avec ses cimes enneig\u00e9es comme horizon et le troisi\u00e8me plan s\u2019arr\u00eate devant la Mamounia, c\u00e9l\u00e8bre et prestigieux palace de la ville ocre.<\/p>\n<p>On est dans la carte postale, image idyllique renforc\u00e9e par le commentaire en voix off.<\/p>\n<p>Des protagonistes font leur apparition; un jeune couple europ\u00e9en, suivi d\u2019un responsable de l\u2019h\u00f4tel.<\/p>\n<p>Les premiers marocains sont en costume traditionnel de gar\u00e7ons d\u2019h\u00f4tel.<\/p>\n<p>Ils portent les bagages pendant que le ma\u00eetre d\u2019h\u00f4tel offre un bouquet de fleurs \u00e0 la jeune femme.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me des personnages, le jeu de la cam\u00e9ra assignent d\u00e9j\u00e0 les r\u00f4les aux uns et aux autres.<\/p>\n<p>Une hi\u00e9rarchie est instaur\u00e9e. Le regard est orient\u00e9 pour privil\u00e9gier un point de vue pr\u00e9cis sur les homes et les lieux.<\/p>\n<p>Les fleurs pour le couple aident \u00e0 comprendre qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un voyage de noces.<\/p>\n<p>D\u2019une image l\u2019autre : on est dans l\u2019h\u00e9ritage romantique de la fin du XIX si\u00e8cle.<\/p>\n<p>La rencontre de deux mondes est renforc\u00e9e par la pr\u00e9sence de l\u2019automobile qui va traverser la M\u00e9dina sur la route de la montagne, inscrite au programme.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de la voiture \u00e0 la place de la cal\u00e8che c\u00e9l\u00e8bre pour d\u00e9couvrir la ville de Marrakech instaure un rapport de forces culturel qui va \u00eatre d\u00e9clin\u00e9 le long du parcours.<\/p>\n<p>Comme le souligne le commentaire tr\u00e8s volubile, au c\u0153ur de la m\u00e9dina o\u00f9 les autochtones sont des silhouettes mobiles, le bourriquot c\u00e8de le chemin \u00e0 son concurrent m\u00e9canique ; commentaire redondant avec ce que nous montre les images.<\/p>\n<p>La sortie de la ville sur la route de Tizi N\u2019test le plus haut col d\u2019Afrique du Nord, offre l\u2019occasion \u00e0 un clin d\u2019\u0153il au g\u00e9nie civil fran\u00e7ais qui a ouvert la voie vers ces contr\u00e9es recul\u00e9es dans le temps et l\u2019espace.<\/p>\n<p>Des plans larges nous montrent des montagnes somptueuses et une route qui monte en lacets r\u00e9duisant la voiture \u00e0 un minuscule objet roulant vers des contr\u00e9es et des paysages in\u00e9dits.<\/p>\n<p>Contr\u00e9es inaccessibles au point que le jeune couple se voit dans l\u2019obligation de laisser la voiture pour terminer l\u2019exploration \u00e0 dos de mules.<\/p>\n<p>On aper\u00e7oit ainsi un c\u00e9l\u00e8bre gite sur la route de Tizi N\u2019Test, \u00ab Au sanglier qui fume\u00a0\u00bb, situ\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Asni.<\/p>\n<p>Il est rest\u00e9 longtemps comme un site agr\u00e9able pour des haltes\/pauses, avant d\u2019affronter la montagne.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, il n\u2019en reste que quelques traces\u2026Les deux touristes seront guid\u00e9s \u00e0 travers la montagne par des \u00abberb\u00e8res \u00bb.<\/p>\n<p>Le mot revient \u00e0 plusieurs reprises. Le film en effet est d\u00e9di\u00e9 au peuple amazigh, familier de ces montagnes farouches.<\/p>\n<p>Le regard du couple est le pr\u00e9texte pour organiser une d\u00e9couverte d\u2019une communaut\u00e9 \u00e0 travers des rites et des m\u0153urs.<\/p>\n<p>Trois s\u00e9quences vont \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es : le souk hebdomadaire, la chasse et la c\u00e9l\u00e9bration d\u2019un mariage.<\/p>\n<p>Le regard est tant\u00f4t sociologique avec un brin d\u2019ethnographie ; c\u2019est le cas du souk o\u00f9 la cam\u00e9ra montre ce que le commentaire ne dit pas ; notamment quand elle s\u2019arr\u00eate sur les m\u00e9tiers exerc\u00e9s par des juifs, d\u00e9crits \u00e0 partir de signes religieux mais parfaitement int\u00e9gr\u00e9s.<\/p>\n<p>Ou encore un regard purement touristique avec la sc\u00e8ne de chasse et puis carr\u00e9ment folklorique avec le montage de plusieurs danses berb\u00e8res relevant de plusieurs genres ; mais apparemment r\u00e9unies ici pour justifier le titre du film, \u00ab Symphonie berb\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<p>La bande de son est loin d\u2019\u00eatre synchrone avec les musiques jou\u00e9es. Mais ce n\u2019est pas l\u00e0 le but ; la cam\u00e9ra est pr\u00e9pond\u00e9rante ; elle est plut\u00f4t documentaire et construit une vision \u00e0 travers l\u2019accumulation de d\u00e9tails, ici des pieds nus, l\u00e0 un regard..<\/p>\n<p>l\u2019ensemble ins\u00e9r\u00e9 dans des plans larges qui disent une harmonie s\u00e9culaire.<\/p>\n<p>On ne voit plus le couple, pr\u00e9texte narratif initial, il c\u00e8de le champ \u00e0 l\u2019imagerie coloniale pure.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le Haut Atlas, depuis le 8 septembre est devenu un objet iconique et m\u00e9diatique de pr\u00e9dilection.<\/p>\n<p>Une profusion d\u2019images qui appellent une remise en ordre pens\u00e9e et construite\u2026comme une \u0153uvre cin\u00e9matographique que nous appelons de nos v\u0153ux.<\/p>\n<p>Je rappelle un cas de figure historique, celui du cin\u00e9aste syrien Mohamed Oussama qui, exil\u00e9 \u00e0 Paris pour des raisons politiques, a r\u00e9alis\u00e9 un film bouleversant, Eau argent\u00e9e, sur la violence qui a ravag\u00e9 son pays.<\/p>\n<p>Film mont\u00e9, en collaboration &#8211; virtuelle avec une jeune Kurde de Homs, \u00e0 partir des vid\u00e9os post\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux par des dizaines et des dizaines de \u00ab\u00a0cin\u00e9astes\u00a0\u00bb amateurs.<\/p>\n<p>Le Haut Atlas attend son film.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mohammed Bakrim \/\/ C\u2019est une figure atypique du cin\u00e9ma dit \u00ab\u00a0colonial\u00a0\u00bb. 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