{"id":117276,"date":"2023-07-16T00:28:04","date_gmt":"2023-07-15T23:28:04","guid":{"rendered":"https:\/\/agadirtoday.info\/?p=117276"},"modified":"2023-10-11T16:45:09","modified_gmt":"2023-10-11T15:45:09","slug":"lecon-de-cinema-1-moumen-smihi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/agadirtoday.com\/?p=117276&lang=fr","title":{"rendered":"Le\u00e7on de cin\u00e9ma (1) : Moumen Smihi"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><u>Mohammed Bakrim<\/u><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00a0<em>Le premier personnage qui inaugure ta filmographie s\u2019appelle \u00ab\u00a0Si-Moh-Pas-de-Chance\u00a0\u00bb\u00a0; une appellation qui ouvre sur une vaste interrogation ou plut\u00f4t une probl\u00e9matique qui traverse l\u2019imaginaire cin\u00e9matographique, celle du h\u00e9ros?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Moumen Smihi: \u00ab\u00a0Si-Moh-Pas-de-Chance\u00a0\u00bb est le nom d&rsquo;un des personnages de \u00ab\u00a0Nedjma\u00a0\u00bb de Kateb Yacine.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ca ne fait rien<\/em><\/p>\n<p><em>C&rsquo;est un Alg\u00e9rien<\/em><\/p>\n<p><em>Qui bosse et ne mange rien\u00a0\u00bb<\/em>, chante-t-il.<\/p>\n<p>La figure du h\u00e9ros,et particuli\u00e8rement le h\u00e9ros arabe, dans le cin\u00e9ma commercial, les com\u00e9dies m\u00e9lo ou le \u00ab\u00a0film social\u00a0\u00bb, est celle du looser, de la d\u00e9chirure m\u00e9taphysique, ou sociale, ou soi-disant politique. M\u00eame si on essaye aussi de \u201cpositiver\u201d fa\u00e7on \u00ab\u00a0R\u00e9alisme-socialiste\u00a0\u00bb. C&rsquo;est le pauvre h\u00e8re \u00e9cras\u00e9 par tous les handicaps, qui sollicite la piti\u00e9, la compassion du spectateur, ses larmes. En un mot, c&rsquo;est la poisse de l&rsquo;ali\u00e9nation, et surtout celle du spectateur.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas du tout le cas des h\u00e9ros d&rsquo;un Taha Hussein: dans \u00ab\u00a0Le chant du courlis\u00a0\u00bb, par exemple, ils sont dialectis\u00e9s, historicis\u00e9s. Je parle du roman, non de son adaptation au cin\u00e9ma, totalement st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e: l\u00e0 o\u00f9 Taha Hussein expose la trag\u00e9die de la dialectique ma\u00eetre-esclave, o\u00f9 l&rsquo;on est tour \u00e0 tour bourreau et victime, le film lui se conclut sur une vendetta tribale !<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas du tout le cas des h\u00e9ros de Naguib Mahfouz non plus: Kamal Abdelgawad dans \u00ab\u00a0La Trilogie\u00a0\u00bb, ou les personnages de \u00ab\u00a0La Caille et l&rsquo;Automne\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0Miramar\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Au-dessus du Nil\u00a0\u00bb&#8230; sont des h\u00e9ros fa\u00e7on \u00ab\u00a0N\u00e9o-r\u00e9alisme\u00a0\u00bb italien: travers\u00e9s par les contradictions de leur temps historique, social, psychologique, ils sont dans la v\u00e9rit\u00e9 de leur combat contre l&rsquo;ali\u00e9nation, et en cela ils r\u00e9veillent, alertent, invitent le spectateur \u00e0 la recherche de sa v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 lui.<\/p>\n<p>Il y a un texte de Roland Barthes magnifique sur le cin\u00e9ma de Chaplin\u00a0: \u00ab\u00a0Charlot\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas un <em>zoghbi<\/em>, un pauvre h\u00e8re, un malheureux, le dispositif chaplinien s&rsquo;applique d&rsquo;un film \u00e0 l&rsquo;autre \u00e0 en faire un h\u00e9ros \u00e0 la veille de la r\u00e9volution, dit Barthes, non un r\u00e9volutionnaire na\u00eff.<\/p>\n<p>C\u2019est une remarque formidable, parce que \u00e0 la naissance de la trag\u00e9die grecque, le personnage du h\u00e9ros marque le passage du temps des dieux, qui d\u00e9cident pour l\u2019homme, au temps de la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique naissante, o\u00f9 les hommes d\u00e9lib\u00e8rent de la vie, des trag\u00e9dies de la vie de la cit\u00e9.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai toujours\u00a0pens\u00e9 \u00e0 ce texte de Barthes dans \u201cMythologies\u201d pour approcher mes personnages dans une perspective de prise de conscience en cours, avec ses difficult\u00e9s, ses doutes, et ses \u00e9clairs lumineux.<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0Apr\u00e8s \u00ab\u00a0Aicha\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0Chergui\u00a0\u00bb, la plupart des personnages principaux de tes r\u00e9cits filmiques sont des lettr\u00e9s, urbains, souvent jeunes, anim\u00e9s du d\u00e9sir de partir. \u00ab\u00a0Moussa\u00a0\u00bb des \u00ab\u00a0R\u00e9cits de la nuit\u00a0\u00bb (1981) est dans ce sens une figure embl\u00e9matique; ses silences sont en quelque sorte plus \u201cviolents\u201d que ceux de \u00ab\u00a0Aicha\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0Chergui\u00a0\u00bb\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s une projection de \u201cEl Ayel,\u00a0 Le Gosse de Tanger\u00a0\u00bb, un ami m&rsquo;a dit: \u00ab\u00a0C&rsquo;est autre chose que \u00ab\u00a0Le pain nu\u00a0\u00bb de Choukri\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai r\u00e9pondu instantan\u00e9ment, car je n&rsquo;avais jamais pens\u00e9 \u00e0 \u00e7a, qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas de la m\u00eame classe sociale.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le pain nu\u00a0\u00bb relate l&rsquo;exode rural et ses mis\u00e8res, la campagne venant \u00e0 la d\u00e9couverte de la ville, le lumpen, pas encore le prol\u00e9tariat.<\/p>\n<p>Les personnages de la Trilogie de Tanger viennent de la vieille petite-bourgeoisie des villes.<\/p>\n<p>Oui, tu as tout \u00e0 fait raison, les personnages de mes films repr\u00e9sentent le monde de la ville, l\u2019historique tradition citadine du Maghreb, du Monde arabe, l\u2019histoire m\u00e9diterran\u00e9enne et europ\u00e9enne de la cit\u00e9, bien d\u00e9crite et th\u00e9oris\u00e9e par Ibn Khaldoun: <em>al oumrane<\/em>\/la citadinit\u00e9 par opposition \u00e0 <em>badaoua<\/em>\/la non ville, campagne, nomadisme, vie du d\u00e9sert, \u00ab\u00a0primitivit\u00e9\u00a0\u00bb dirait l&rsquo;ethnologie.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai fait attention et j&rsquo;ai voulu attirer l&rsquo;attention, je crois, dans mes films et par eux, dans la composition historique et sociale de mes personnages, sur une analyse de classe de notre soci\u00e9t\u00e9, et cela peut-\u00eatre du fait m\u00eame de ma propre appartenance.<\/p>\n<p>Je pense que le makhzen est depuis toujours analys\u00e9, on en a fait dix fois le tour. L&rsquo;esclavagisme aussi, quoique beaucoup moins, quoique plus pudiquement, avec des non dits (j&rsquo;ai film\u00e9 une sc\u00e8ne dans \u00ab\u00a044\u00a0\u00bb repr\u00e9sentant Dar Benkirane <em>al nakhass<\/em>, le dernier march\u00e9 d&rsquo;esclaves de F\u00e8s ferm\u00e9 par les Fran\u00e7ais en 1937 seulement).<\/p>\n<p>Il y a une classe sociale qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s peu vue: la classe religieuse. Peut-\u00eatre du fait qu&rsquo;elle est toujours occult\u00e9e par ce st\u00e9r\u00e9otype \u00e0 la peau dure, affirmant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de clerg\u00e9 dans l&rsquo;islam.<\/p>\n<p>Nous avons une noblesse de robe, compos\u00e9e des oul\u00e9mas, des fquihs, des \u00e9rudits, et qui ne sont pas tous seulement des th\u00e9ologiens d&rsquo;ailleurs.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;on veuille bien se souvenir des grands penseurs qui vont d&rsquo;Ibn Rochd, Ibn Tofa\u00efl, Ma\u00efmonide, \u00e0 Ibn Khaldoun.<\/p>\n<p>Ce sont des hommes de science et des belles lettres, et cette tradition s&rsquo;est perp\u00e9tu\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 nous, avec Mokhtar Soussi et Abdellah Guennoun (des personnalit\u00e9s authentiques, diff\u00e9rentes d&rsquo;un Tarek Ramadan, un faillot).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la noblesse de robe, vient la pl\u00e8be des pr\u00eatres, les mis\u00e9rables<em> tolbas<\/em> (pendant la R\u00e9volution fran\u00e7aise de 1789, les pr\u00eatres s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9volt\u00e9s contre les riches et puissants de l&rsquo;Eglise, les cardinaux et les \u00e9v\u00eaques, et s&rsquo;\u00e9taient rang\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 des r\u00e9volutionnaires anti-religieux).<\/p>\n<p>Notre noblesse de robe n&rsquo;\u00e9tait pas forc\u00e9ment riche mais politiquement puissante. Son c\u00f4t\u00e9 hidalgo a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit le mieux par un \u00e9crivain des Iles Canaries, Benito Perez Caldos, dans deux tr\u00e8s beaux romans qui ont donn\u00e9 deux tr\u00e8s beaux films de Bunuel, \u00ab\u00a0Tristana\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Nazarino\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le pr\u00eatre Nazarino dans le roman a un nom arabe et une origine musulmane, il ressemble \u00e0 nos fous de dieu qu&rsquo;on rencontre sur les routes (je vois l\u00e0 personnellement une autre attestation de l&rsquo;histoire commune hispano-marocaine).<\/p>\n<p>La puissance politique de nos classes religieuses est \u00e9vidente: depuis toujours dans le conseil des oul\u00e9mas, et dans ces deux derni\u00e8res d\u00e9cennies avec la prise de pouvoir de la petite-bourgeoisie islamiste.<\/p>\n<p>Sans pr\u00e9tendre \u00e0 une analyse sociologique de fond, je cherche \u00e0 d\u00e9crire dans mes films ce contexte social, historique, par le truchement de mes personnages.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Aicha\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a0Chergui\u00a0\u00bb est la femme d&rsquo;un pr\u00eatre, possiblement une lettr\u00e9e. Une de mes tantes, fille et femme de fquihs, lisait \u00ab\u00a0<em>al alam<\/em>\u00ab\u00a0, apr\u00e8s une scolarit\u00e9 \u00e0 la maison, le coran, Ibn Achir, le calcul&#8230;<\/p>\n<p><strong> En soci\u00e9t\u00e9 beaucoup de femmes analphab\u00e8tes se moquaient d&rsquo;elle: \u00ab\u00a0<em>Ouili! ouili!<\/em> disaient ces guenons, une femme qui lit le journal, quelle <em>hchouma<\/em>!\u00a0\u00bb. Comment ne pas se r\u00e9volter face \u00e0 une telle d\u00e9cadence? <\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Aicha\u00a0\u00bb ne peut pas se r\u00e9volter par la parole, l&rsquo;oppression est trop f\u00e9roce, elle le fait par le geste, arracher son voile.<\/p>\n<p>Je projette de r\u00e9aliser une bande annonce avec des extraits de d\u00e9voilement de la femme par elle m\u00eame dans mes films: \u00ab\u00a0Aicha\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a0Chergui\u00a0\u00bb; \u00ab\u00a0La fille d&rsquo;El Haj\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a044\u00a0\u00bb (magistralement jou\u00e9 par Christine Pascal qui arrache toute sa djellaba en un seul geste rapide); \u00ab\u00a0Amina-Jaouhara\u00a0\u00bb dans la premi\u00e8re salle de bain de sa vie dans \u00ab\u00a0La Dame du Caire\u00a0\u00bb; \u00ab\u00a0Chems\u00a0\u00bb entrant dans une grotte avec la ha\u00efk, ressortant avec une robe de soir; \u00ab\u00a0La Grand-m\u00e8re\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a0Le Gosse de Tanger\u00a0\u00bb, arrachant le voile tang\u00e9rois comme \u00ab\u00a0A\u00efcha\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Est-ce aujourd&rsquo;hui le retour du personage de \u00ab\u00a0Moussa\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a0Les R\u00e9cits de la nuit\u00a0\u00bb, un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s, alors qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0sorti\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;Ind\u00e9pendance? \u201cElimin\u00e9\u201d parce qu\u2019il cherchait \u00e0 r\u00e9soudre une contradiction, une quadrature du cercle, faire se joindre les deux bouts de la trajectoire du citadin lettr\u00e9 entre l&rsquo;Histoire (f\u00e9odale, religieuse, coloniale), et la Modernit\u00e9 (les langues, les arts, le rapport \u00e0 l&rsquo;autre occidental, les nouveaux discours politiques).<\/p>\n<p>Cependant le personnage de Moussa est spinozien, il admet le sacrilege, ce que refusent les islamistes, braqu\u00e9s uniquement sur le sacr\u00e9, ce qui n\u2019est pas notre tradition culturelle (son ma\u00eetre \u00e0 la Qarawiyine le met en garde contre\u2026 la po\u00e9sie!).<\/p>\n<p>Et alors il y a un trop \u00e0 dire, trop \u00e0 penser, \u00e7a g\u00e9n\u00e8re une paralysie de l&rsquo;esprit, ce \u201csilence violent\u201dd\u00e9crit par Georges Bataille pendant la deuxi\u00e8me guerre mondiale, trop cruelle, trop de carnages, trop de d\u00e9sesp\u00e9rance dans l&rsquo;humain.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Amina-Jaouhara\u00a0\u00bb dans le film \u00ab\u00a0La Dame du Caire\u00a0\u00bb, \u00e0 l&rsquo;instar d\u2019une Oum Kalthoum, d\u00e9bute sa carri\u00e8re par le chant coranique et mystique.<\/p>\n<p>Tout le parcours de \u00ab\u00a0Larbi Salmi\u00a0\u00bb dans la Trilogie est balis\u00e9 par la pens\u00e9e et le discours religieux, activit\u00e9 premi\u00e8re de la ville arabe: Larbi plonge dans ce sacr\u00e9 ancestral, mais il est de plus en plus arrim\u00e9 au sacril\u00e8ge de la Modernit\u00e9 propre \u00e0 la nouvelle cit\u00e9.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ce partir l\u00e0 qui pr\u00e9domine: d\u00e9serter sa classe sociale, la d\u00e9savouer, par la critique, et quand la censure, l&rsquo;oppression sont trop fortes, par le geste silencieux. Chadi Abdessalam l&rsquo;a magistralement mis en sc\u00e8ne dans \u00ab\u00a0La Momie\u00a0\u00bb, o\u00f9 le h\u00e9ros trahit les siens (le sacro-saint tribalisme), consciemment mais non sans d\u00e9chirure, pour sauver la culture (pharaonique) de la barbarie.<\/p>\n<p>Je projette de r\u00e9aliser une bande annonce avec des extraits de d\u00e9voilement de la femme par elle m\u00eame dans mes films: \u00ab\u00a0Aicha\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a0Chergui\u00a0\u00bb; \u00ab\u00a0La fille d&rsquo;El Haj\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a044\u00a0\u00bb (d\u00e9voilement admirablement jou\u00e9 par Christine Pascal qui arrache toute sa djellaba en un seul geste rapide); \u00ab\u00a0Amina-Jaouhara\u00a0\u00bb dans la premi\u00e8re salle de bain de sa vie dans \u00ab\u00a0La Dame du Caire\u00a0\u00bb; \u00ab\u00a0Chems\u00a0\u00bb entrant dans une grotte avec le ha\u00efk, en ressortant avec une robe de soir; \u00ab\u00a0La Grand-m\u00e8re\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a0Le Gosse de Tanger\u00a0\u00bb, arrachant le voile tang\u00e9rois comme \u00ab\u00a0A\u00efcha\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mes personnages sont effectivemendans le d\u00e9sir de l&rsquo;ailleurs, de l&rsquo;autre, du voyage au sens fort. Le d\u00e9sir de l&rsquo;autre espace, qui est l&rsquo;espace de l&rsquo;autre, dans la culture, dans la langue, dans l&rsquo;Histoire, dans le d\u00e9sir tout court. D\u00e9sir de partir, d\u00e9sir de l&rsquo;ailleurs, d\u00e9sir de l&rsquo;Occident pour l&rsquo;Oriental,<\/p>\n<p>l&rsquo;Occident des grandes valeurs de son humanisme, non de son imp\u00e9rialisme honteux bien s\u00fbr (et non du \u00ab\u00a0malheur capitaliste\u00a0\u00bb comme dit Barthes). Bref, d\u00e9sir de la Modernit\u00e9. Qui est libert\u00e9, aventure, d\u00e9couverte, risque, nouveaut\u00e9, audace, h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne&#8230; ces grands acquis contre la mort.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Mohammed Bakrim \u00a0Le premier personnage qui inaugure ta filmographie s\u2019appelle \u00ab\u00a0Si-Moh-Pas-de-Chance\u00a0\u00bb\u00a0; une appellation qui ouvre sur une vaste interrogation ou plut\u00f4t une probl\u00e9matique qui traverse l\u2019imaginaire cin\u00e9matographique, celle du h\u00e9ros? Moumen Smihi: \u00ab\u00a0Si-Moh-Pas-de-Chance\u00a0\u00bb est le nom d&rsquo;un des personnages de \u00ab\u00a0Nedjma\u00a0\u00bb de Kateb Yacine. \u00ab\u00a0Ca ne fait rien C&rsquo;est un Alg\u00e9rien Qui bosse et &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":117277,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"googlesitekit_rrm_CAowteS_DA:productID":"","footnotes":"","iawp_total_views":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[144],"tags":[9989,9991],"jetpack_publicize_connections":[],"lang":"fr","translations":{"fr":117276},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Shimi-.jpg?fit=793%2C499&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/peJLke-uvy","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack-related-posts":[],"pll_sync_post":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/117276"}],"collection":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=117276"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/117276\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/117277"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=117276"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=117276"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=117276"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}