{"id":114372,"date":"2023-06-18T12:16:00","date_gmt":"2023-06-18T11:16:00","guid":{"rendered":"https:\/\/agadirtoday.info\/?p=114372"},"modified":"2023-10-11T16:45:10","modified_gmt":"2023-10-11T15:45:10","slug":"cinema-marocain-vers-une-legitimite-culturelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/agadirtoday.com\/?p=114372&lang=fr","title":{"rendered":"Cin\u00e9ma marocain..Vers une l\u00e9gitimit\u00e9 culturelle"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><span style=\"font-weight: 400;\">Mohammed Bakrim<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Ahmed Bouanani a d\u00e9fendu tr\u00e8s t\u00f4t l\u2019id\u00e9e d\u2019un cin\u00e9ma marocain qui puise dans la tradition et les pratiques culturelles populaires<\/strong><\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Autour du cin\u00e9ma marocain, avec son actualit\u00e9 r\u00e9cente, se posent des enjeux de nature diverse : \u00e9conomiques (la question du march\u00e9 int\u00e9rieur) ; soci\u00e9taux (le traitement de certains th\u00e8mes sensibles) ; et surtout culturels (quelle place pour ce cin\u00e9ma au sein et aux c\u00f4t\u00e9s des autres productions symboliques).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mon hypoth\u00e8se est que l\u2019enjeu majeur qui d\u00e9termine tous les autres est culturel : comment inscrire notre cin\u00e9ma dans son paysage culturel sans passer par les choix esth\u00e9tiques dict\u00e9es par une \u00e9conomie de l\u2019imaginaire domin\u00e9e par une vision occidantalo-centriste. Comment lib\u00e9rer ce cin\u00e9ma de l\u2019emprise d\u2019un discours critique dont les concepts fondateurs (tel \u00ab le cin\u00e9ma d\u2019auteur \u00bb) sont n\u00e9s dans d\u2019autres environnements ?\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au cours de l\u2019ann\u00e9e 1966, des cin\u00e9astes marocains \u00e9taient r\u00e9unis autour d\u2019une revue culturelle, Souffles, pour mettre en chantier les pistes d\u2019une r\u00e9flexion sur les fondements \u00ab\u00a0d\u2019un cin\u00e9ma national\u00a0\u00bb. Ce num\u00e9ro 2 de la revue fond\u00e9e par le po\u00e8te Abdellatif Laabi est historique \u00e0 plusieurs \u00e9gards. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Du point de vue qui nous int\u00e9resse aujourd\u2019hui, celui du rapport de la culture et du cin\u00e9ma dans notre pays, il montre que tr\u00e8s t\u00f4t des cin\u00e9astes marocains \u00e9taient anim\u00e9s du souci de voir leur travail inscrit dans un projet culturel global. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La revue Souffles n\u2019\u00e9tait pas choisie au hasard, elle \u00e9tait la tribune d\u2019expression de la nouvelle culture marocaine engag\u00e9e, \u00e0 travers la litt\u00e9rature, la po\u00e9sie, la peinture, les arts populaires et l\u2019\u00e9criture prise comme fabrication de texte.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Et il est r\u00e9v\u00e9lateur que d\u00e8s son deuxi\u00e8me num\u00e9ro, elle s\u2019int\u00e9resse au cin\u00e9ma.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0Le dossier de Souffles est important aussi d\u2019un point de vue professionnel puisqu\u2019il fait la synth\u00e8se des revendications urgentes de l\u2019\u00e9poque, d\u00e9clin\u00e9es dans deux documents importants\u00a0: un m\u00e9morandum adress\u00e9 au Roi en date du 1<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">er<\/span><span style=\"font-weight: 400;\"> juillet 1965 et un rapport d\u00e9taill\u00e9 sur l\u2019\u00e9tat des lieux du cin\u00e9ma destin\u00e9 au ministre l\u2019information et dat\u00e9 du 27 juillet 1965. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La lecture de ces deux cahiers revendicatifs est \u00e9clairante \u00e0 la lumi\u00e8re de la situation d\u2019aujourd\u2019hui notamment par rapport \u00e0 deux sujets importants\u00a0: quel statut pour le CCM et la question de l\u2019aide publique au cin\u00e9ma.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Cependant, le plus instructif dans le dossier est la table ronde organis\u00e9e par la revue et anim\u00e9e par son directeur Abdellatif Laabi. En effet, elle en dit long sur l\u2019esprit de l\u2019\u00e9poque chez les jeunes cin\u00e9astes, pour la plupart fraichement sortis des \u00e9coles de cin\u00e9ma (A. Zerouali, M.A. Tazi, A. Bouanani, Driss Karim, M. Sekkat). Au fur et \u00e0 mesure de l\u2019\u00e9change \u00e0 b\u00e2tons rompus, ils d\u00e9veloppent leur conception du cin\u00e9ma, leurs ambitions et leurs r\u00eaves.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Une figure va tr\u00e8s vite \u00e9merger de ce d\u00e9bat, c\u2019est Ahmed Bouanani. C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un familier de la revue puisqu\u2019il y collabore en tant qu\u2019\u00e9crivain, publiant des po\u00e8mes ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00ab des textes po\u00e9tiques \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><b>Dans le d\u00e9bat, il d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e d\u2019un cin\u00e9ma marocain qui puise dans la tradition et les pratiques culturelles populaires<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il r\u00eave d\u2019un cin\u00e9ma de genre (il dit, faute de mieux un \u00ab\u00a0western marocain\u00a0\u00bb) nourri de h\u00e9ros et r\u00e9cits puis\u00e9s dans le patrimoine\u00a0: <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab\u00a0La tradition marocaine utilise beaucoup l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e.<\/span><\/i><\/p>\n<p><i><span style=\"font-weight: 400;\"> Tu n&rsquo;as qu&rsquo;\u00e0 voir notre folklore. Un conteur, dans une halqa. Quand il raconte quelque chose, il a d&rsquo;abord pour but de divertir, et c&rsquo;est son unique but\u00a0: divertir le public. Or, est-ce que ce qu&rsquo;il dit est un simple divertissement. Non. Puisque les gens d&rsquo;eux-m\u00eames en tirent quelque chose. D&rsquo;un conte, on peut tirer des tas de le\u00e7ons. Mais le conteur n&rsquo;est pas l\u00e0 pour faire de la morale<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Il ne manquera pas d\u2019en faire l\u2019exp\u00e9rience, d\u00e8s son premier film, Tarfaya ou la marche d\u2019un po\u00e8te (1966) mettant en sc\u00e8ne la qu\u00eate d\u2019un jeune cr\u00e9ateur \u00e0 la recherche d\u2019une source d\u2019inspiration originelle et originale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Une belle\u00a0 m\u00e9taphore du travail du cin\u00e9aste lui-m\u00eame des ann\u00e9es 1960 \u00e0 la recherche d\u2019une forme d\u2019expression appropri\u00e9e et en congruence avec son environnement. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le travail avec Souffles sera le vecteur d\u2019une nouvelle relation\u00a0entre les intellectuels et les artistes ; une plateforme comme on dit aujourd\u2019hui de rencontre entre les cin\u00e9astes, les \u00e9crivains, et les peintres tout particuli\u00e8rement. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Un premier film va m\u00eame voir la collaboration du directeur de la revue, Abdellatif Laabi, \u00e0 la r\u00e9daction du texte du commentaire, lu en voix off. C\u2019est le tr\u00e8s beau texte qui accompagne le film documentaire Sin Agafaye (1967) de Latif Lahlou.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais, c\u2019est Ahmed Bouanani qui va continuer \u00e0 pousser cette logique d\u2019articulation entre le nouveau medium et le patrimoine culturel du pays. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il a eu un destin particulier qui en fait un v\u00e9ritable personnage de trag\u00e9die. Il a eu des ennuis avec la bureaucratie et la censure au point de revoir \u00e0 la baisse ses projets ou de contribuer \u00e0 des films sans les signer.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Des d\u00e9boires et des incidents dans sa vie ont accentu\u00e9 cette dramatisation de son parcours (l\u2019incendie qui a ravag\u00e9 sa maison). <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Cependant, les films qu\u2019il a sign\u00e9s et les sc\u00e9narios qu\u2019il a donn\u00e9 \u00e0 d\u2019autres cin\u00e9astes attestent de la pertinence de son projet et de sa coh\u00e9rence.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans M\u00e9moire 14 (1973), il contribue \u00e0 la r\u00e9\u00e9criture de l\u2019histoire du Maroc \u00e0 partir des images de l\u2019autre, en les montant dans une structure qui rejoint sa th\u00e8se sur la mythologie marocaine : les premi\u00e8res images du film revendiquent clairement cette inscription dans le patrimoine narratif populaire. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les figures relev\u00e9es de l\u2019imagerie populaire sont accompagn\u00e9es d\u2019une voix off inspir\u00e9e de la mise en sc\u00e8ne de la halqa.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Interrog\u00e9 sur son rapport au mythe : \u00ab\u00a0c&rsquo;est \u00e0 travers des m\u00e9moires anachroniques, des m\u00e9moires nourries de mythes que j&rsquo;essaie de recomposer \u00ab\u00a0la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb de mes personnages et de leur univers<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">M\u00eame quand la m\u00e9moire &#8211; une parmi d&rsquo;autres- se repr\u00e9sente l&rsquo;image id\u00e9alis\u00e9e de la situation culturelle et \u00e9conomique d&rsquo;avant la colonisation\u2026elle ne peut ignorer, rejeter la r\u00e9alit\u00e9 de cette soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9gie par la f\u00e9odalit\u00e9 dont le masque se d\u00e9gage de lui-m\u00eame \u00e0 travers cette imagerie exub\u00e9rante de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Je ne comprends pas que l&rsquo;on puisse parler de fuite devant le r\u00e9el dans un film entra\u00een\u00e9 tout entier dans le r\u00e9el et dont chaque plan est une similigravure de la r\u00e9alit\u00e9 et du fantastique, avec un agencement lin\u00e9aire de l&rsquo;histoire et des \u00e9v\u00e8nements\u00a0\u00bb Sur la r\u00e9ception du film lui-m\u00eame : et si le spectateur marocain se sent agress\u00e9 par M\u00e9moire 14, cela ne provient pas d&rsquo;une man\u0153uvre quelconque du cin\u00e9aste, mais bien du sujet lui-m\u00eame. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">C&rsquo;est apr\u00e8s tout l&rsquo;histoire d&rsquo;une agression. Et d&rsquo;une agression dont nous subissons malheureusement encore aujourd&rsquo;hui les cons\u00e9quences\u2026\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans son premier long m\u00e9trage, Mirage (1979) Ahmed Bouanani reste fid\u00e8le \u00e0 cette d\u00e9marche d\u2019inscrire son travail artistique dans une culture, populaire, orale, nourrie de mythes et de l\u00e9gendes. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Un cin\u00e9ma national \u00e9tait per\u00e7u par Bouanani comme une composante d\u2019une culture\u00a0: se nourrissant de ses signes et l\u2019enrichissant de l\u2019apport d\u2019un langage universel. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est le d\u00e9nominateur commun que l\u2019on retrouve chez les cin\u00e9astes qui vont prendre la parole d\u00e8s la fin des ann\u00e9es soixante et marquera de son empreinte les ann\u00e9es 70 que je qualifie explicitement de la d\u00e9cennie des auteurs par excellence. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Hamid Bennani avec Wechma (1970) puise dans l\u2019h\u00e9ritage symbolique, les rites et les signes visuels d\u2019une culture ancestrale pour raconter le drame d\u2019un orphelin, figure m\u00e9taphorique d\u2019une blessure identitaire. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Moumen Smihi affiche d\u2019embl\u00e9e dans son premier long m\u00e9trage, Chergui (1975) la volont\u00e9 de se r\u00e9approprier les expressions d\u2019une culture plurielle, aux racines multiples. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La forme choisie doit \u00e9vacuer les structures du cin\u00e9ma dominant, celui de l\u2019autre qui a longtemps impos\u00e9 son regard, sa langue et ses modes d\u2019expression. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab\u00a0Il appartient peut-\u00eatre aux cin\u00e9astes des soci\u00e9t\u00e9s qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine du cin\u00e9matographe de remettre en question les structures et les types de construction de film h\u00e9rit\u00e9s du cin\u00e9ma classique\u00a0\u00bb \u00e9crit M.S.\u00a0 Chergui, peut \u00eatre per\u00e7u comme le manifeste cin\u00e9matographique de cette esth\u00e9tique de rupture\u00a0:<\/span><\/p>\n<ul>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><span style=\"font-weight: 400;\">Refus du r\u00e9cit lin\u00e9aire<\/span><\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><span style=\"font-weight: 400;\">Syst\u00e8me polyphonique des personnages avec la multiplication des micro-r\u00e9cits<\/span><\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\" aria-level=\"1\"><span style=\"font-weight: 400;\">Logique temporelle aux antipodes de la narration classique\u00a0: enchev\u00eatrement de temporalit\u00e9.\u00a0<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais c\u2019est Mostafa Derkaoui qui va pousser encore plus loin cette d\u00e9marche de d\u00e9construction.\u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Son premier long m\u00e9trage, De quelques \u00e9v\u00e9nements sans signification (1974) est l\u2019illustration de cette rencontre entre les cin\u00e9astes et les figures les plus repr\u00e9sentatives de la culture marocaine moderne. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le g\u00e9n\u00e9rique de son film est un r\u00e9pertoire des noms d\u2019\u00e9crivains, d\u2019artistes, de journalistes\u2026qui ont contribu\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre \u00e0 la r\u00e9alisation du film. Le film se voulait dans ce sens le manifeste d\u2019une modernit\u00e9 l\u00e9gitim\u00e9e par l\u2019apport des autres formes d\u2019expression artistique.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">D\u00e8s cette \u00e9poque le cin\u00e9ma marocain entretient des rapports privil\u00e9gi\u00e9s avec la peinture. Non seulement des peintres contribueront \u00e0 la production des films, en mettant des tableaux \u00e0 la disposition de cin\u00e9astes, mais ils participent \u00e0 la cr\u00e9ation artistique (conception des d\u00e9cors, jouent dans les films\u2026). <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le point d\u2019orgue de cette collaboration va \u00eatre couronn\u00e9 symboliquement par l\u2019attribution du prix de l\u2019image en 1982, lors du premier festival national au film de Derkaoui, les beaux jours de Sh\u00e9h\u00e9razade avec une forte pr\u00e9sence du peintre Farid Belkahya et du grand prix au film Hadda r\u00e9alis\u00e9 par deux peintres Mohamed Abou Alwakar et Tijani Chrigui\u00a0 (1984).\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce rapport \u00e0 la peinture peut fonctionner comme un indice r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019\u00e9volution du cin\u00e9ma marocain dans son rapport au r\u00e9el.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Si l\u2019\u00e9change entre les cin\u00e9astes marocains avec la peinture marocaine se fait au moment o\u00f9 celle-ci a d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9 son tournant de la modernit\u00e9, se lib\u00e9rant du figuratif et du r\u00e9alisme sous l\u2019effet de la photo et du cin\u00e9ma justement, pour verser dans l\u2019abstrait et le symbolisme, le cin\u00e9ma marocain va commencer sous l\u2019influence de cette modernit\u00e9 o\u00f9 les signes sont interrog\u00e9s en eux-m\u00eames, bloquant tout ancrage r\u00e9f\u00e9rentiel,\u00a0 pour finalement revenir \u00e0 des formes de narration et d\u2019expression plus r\u00e9aliste voire naturaliste.<\/span><\/p>\n<p><b>En somme, si la peinture a suivi le chemin du figuratif \u00e0 l\u2019abstrait\u00a0; le cin\u00e9ma est pass\u00e9 de l\u2019abstrait au figuratif<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0; cela va se confirmer avec le tournant des ann\u00e9es 1990 avec l\u2019entr\u00e9e en vigueur du syst\u00e8me du fonds d\u2019aide.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> La prise en compte de la question de la r\u00e9ception publique va marquer le cin\u00e9ma marocain dans ses modes d\u2019\u00e9criture et dans son univers de r\u00e9f\u00e9rence culturelle. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le succ\u00e8s public va \u00eatre port\u00e9 par un cin\u00e9ma marqu\u00e9 par l\u2019\u00e9mergence de la figure de l\u2019acteur, le passage d\u2019un cin\u00e9ma du plan \u00e0 un cin\u00e9ma de la sc\u00e8ne et par l\u2019importance du dialogue. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence va puiser dans une culture m\u00e9diatique, les faits divers, le r\u00e9cit m\u00e9moriel et historique. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">A partir de la premi\u00e8re d\u00e9cennie des ann\u00e9es 2000 se d\u00e9veloppe un cin\u00e9ma de l\u2019adaptation du r\u00e9cit litt\u00e9raire\u00a0: Les ailes de l\u2019amour (Laraki\/ Nidali), Les chevaux de Dieu (Ayouch\/ Binbine), Secrets d\u2019oreillers (Ferhati\/Bachir Damoun) La moiti\u00e9 du ciel (Lagta\u00e2\/Laabi). <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les plus grands succ\u00e8s du box-office sont port\u00e9s par l\u2019influence d\u2019une culture urbaine, voire underground (crash, comics, Rapp) qui va m\u00e9tamorphoser l\u2019esth\u00e9tique au niveau de l\u2019espace, et de l\u2019apparition de personnages d\u00e9cal\u00e9s (Lakhmari), ou un cin\u00e9ma de d\u00e9cadrage (Hicham Lasri).<\/span><\/p>\n<p>Photo : M\u00e9moire 14 &#8211; Ahmed Bouanani<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Mohammed Bakrim Ahmed Bouanani a d\u00e9fendu tr\u00e8s t\u00f4t l\u2019id\u00e9e d\u2019un cin\u00e9ma marocain qui puise dans la tradition et les pratiques culturelles populaires Autour du cin\u00e9ma marocain, avec son actualit\u00e9 r\u00e9cente, se posent des enjeux de nature diverse : \u00e9conomiques (la question du march\u00e9 int\u00e9rieur) ; soci\u00e9taux (le traitement de certains th\u00e8mes sensibles) ; et &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":114376,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"googlesitekit_rrm_CAowteS_DA:productID":"","footnotes":"","iawp_total_views":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[144],"tags":[7833,7835],"jetpack_publicize_connections":[],"lang":"fr","translations":{"fr":114372},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Memoire-14-Ahmed-Bouanani.jpg?fit=625%2C491&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/peJLke-tKI","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack-related-posts":[],"pll_sync_post":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/114372"}],"collection":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=114372"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/114372\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/114376"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=114372"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=114372"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=114372"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}