{"id":110291,"date":"2023-05-13T16:45:17","date_gmt":"2023-05-13T15:45:17","guid":{"rendered":"https:\/\/agadirtoday.info\/?p=110291"},"modified":"2023-10-11T16:45:10","modified_gmt":"2023-10-11T15:45:10","slug":"film-laazib-lenclos-de-jaouad-babili","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/agadirtoday.com\/?p=110291&lang=fr","title":{"rendered":"Film : LAAZIB (L\u2019enclos) de Jaouad Babili.."},"content":{"rendered":"<ul>\n<li>MOHAMMED\u00a0 BAKRIM<\/li>\n<\/ul>\n<p>LAAZIB (L\u2019enclos) de Jaouad Babili :<br \/>\nUne s\u00e9quence d\u2019ouverture qui restitue le monde dans son harmonie originelle ; le d\u00e9sert nous accueille dans un plan large qu\u2019aucune ligne ne vient briser. La nature, les b\u00eates, l\u2019humain (la femme qui guide son troupeau vers l\u2019enclos) sont dans un espace social que le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir.<\/p>\n<p>Deux femmes qui montent un enclos, leur troupeau et les immenses espaces d\u00e9sertiques. On les d\u00e9couvre au fur et \u00e0 mesure dans un processus d\u2019apprentissage sp\u00e9cifique que le documentaire construit avec les outils du cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>Les deux femmes ne se pr\u00e9sentent pas \u00e0 nous (ce n\u2019est pas une logique de t\u00e9l\u00e9vision). Une distanciation dramatique va marquer l\u2019\u00e9volution du r\u00e9cit et instaurer un contrat participatif au spectateur : prendre le temps qu\u2019il faut pour acc\u00e9der \u00e0 cet univers autonome, avec ses r\u00e8gles et ses rites.<\/p>\n<p>Ces femmes, elles ne font pas ce qu\u2019elles font parce qu\u2019elles sont ainsi, elles sont ainsi parce qu\u2019elles le font. Elles ont fait le choix d\u2019accompagner leur troupeau, de r\u00e9sider dans l\u2019enclos loin des hommes et de la ville.<\/p>\n<p>Le monde est renvoy\u00e9 \u00e0 un hors champ qui fait son entr\u00e9e via le souvenir des photos, des r\u00e9cits ou avec cette sc\u00e8ne magnifique du jeu de marionnette qui ram\u00e8ne une certaine image de l\u2019homme \u00e0 un jeu th\u00e9\u00e2tral.<\/p>\n<p>On les suit dans leur quotidien incarn\u00e9 dans les choix de mise en sc\u00e8ne : pr\u00e9pond\u00e9rance des plans larges ou moyens, une focalisation sur les gestes \u00e9lev\u00e9s au rang de rituels, un montage didactique dans lequel les plans s\u2019encha\u00eenent d\u2019une mani\u00e8re chronologique et un rythme qui fait co\u00efncider temps du r\u00e9cit et temps de narration (voir l\u2019arriv\u00e9e du troupeau et son entr\u00e9e dans le champ). La bande son est riche sans \u00eatre envahissante. Elle est aussi le lieu d\u2019un hors champ sonore (signifiant par exemple la pr\u00e9sence du danger incarn\u00e9 par les chacals).<\/p>\n<p>Mon hypoth\u00e8se est que nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019un cin\u00e9ma moderne dans la mesure o\u00f9 il tend \u00e0 traduire l\u2019indicible de la vie humaine par le recours \u00e0 l\u2019espace. Un documentaire-paysager infiniment plastique fusionnant le corps des deux femmes et leur espace social et intime.<\/p>\n<p>Il parvient ainsi \u00e0 cr\u00e9er un univers coh\u00e9rent, d\u00e9nud\u00e9, lib\u00e9r\u00e9 de tout psychologisme ou toute consid\u00e9ration sociologique.<\/p>\n<p>Une occurrence fondatrice quand le r\u00e9alisateur filme l\u2019espace en dehors de toute pr\u00e9sence physique des protagonistes. Des espaces les remplacent.<\/p>\n<p>Une sorte de substitution spatiale qui revient souvent avec de longs plans larges ouvrant sur un large champ de myst\u00e8re, de m\u00e9ditation et de mort.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MOHAMMED\u00a0 BAKRIM LAAZIB (L\u2019enclos) de Jaouad Babili : Une s\u00e9quence d\u2019ouverture qui restitue le monde dans son harmonie originelle ; le d\u00e9sert nous accueille dans un plan large qu\u2019aucune ligne ne vient briser. La nature, les b\u00eates, l\u2019humain (la femme qui guide son troupeau vers l\u2019enclos) sont dans un espace social que le spectateur est &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":110292,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"googlesitekit_rrm_CAowteS_DA:productID":"","footnotes":"","iawp_total_views":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[144],"tags":[1472,4852,4854,4850],"jetpack_publicize_connections":[],"lang":"fr","translations":{"fr":110291},"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/agadirtoday.com\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Film-Laazib-.jpg?fit=760%2C345&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/peJLke-sGT","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack-related-posts":[],"pll_sync_post":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/110291"}],"collection":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=110291"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/110291\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/110292"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=110291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=110291"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/agadirtoday.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=110291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}