
L’Amazighité en question!
- Par: Zaid Ouchna//
De tout ce que j’ai pu voir, de tout ce que j’ai su, de tout de ce que j’ai compris et appris, il n’y a pas d’égal au cas du peuple Amazigh, qui se démet en tant qu’héritier, chez-lui, d’une des plus grandes civilisations humaines sur terre et contraint pas des méthodes d’influence diaboliques à la calomnier.
Le grand penseur d’Afrique du Nord Ibn Khaldoun, né à l’ère des mérinides Zénètes en 1332 et mourra en 1406, disait dans son livre « Histoire des berbères » ; citation :
« Citons ensuite les vertus qui font honneur à l’homme et qui étaient devenues pour les berbères une seconde nature :
1-leur empressement à s’acquérir des qualités louables
2-la noblesse de l’âme qui les porta au premier rang parmi les nations, des qualités par lesquelles ils méritèrent les louanges de l’univers.
3-Bravoures et promptitude à défendre leur hôtes et clients
4-Indulgence pour les défauts d’autrui
5-Douceur de caractère, patience dans l’adversité
6-Victoires remportées sur les princes de la terre
7-Hospitalité, bonté pour les malheureux
8-Charité, respect pour les vieillards et les hommes dévots
9-Magnanimité, haine de l’oppression.
10-Fidélité aux promesses, aux engagements et aux traités. (….).
Voilà pour les berbères, une foule de titres à une haute illustration (…).
Il est impossible de méconnaître le grand soin que Dieu a eu de cette race. ».
Une multitude de valeurs éclairées, accumulées à travers des dizaines de siècles, et auxquelles aspirent les dignes et grandes nations du globe terrestre.
Cette Amazighité, qu’on veut richesse philanthropique ; mais aussi mode de pensée, tire ses révérences loin dans les temps au bain des brassages des cultures, des mythologies, des confessions multiples et des sagesses diverses. Un peuple porteur de tels préceptes, sûrs, acquis par le prix du sang et du feu, avérés par la pratique au fil des temps et transmis de génération à une autre, devrait non seulement en faire une fierté mais aussi sauvegardés bec et ongles.
Un héritage que n’importe quel autre peuple au monde, réputé civilisé, investirait des moyens sans compter pour asseoir, probablement, une société régie par de telles valeurs.
Comment inculquer à un peuple donné, surtout aux temps qui courent, de telles notions de la vie ; et combien de temps ou de générations cela demandera-t-il pour espérer en arriver à ce résultat dont profite la société marocaine aujourd’hui ?
Ce n’est pas offert à toutes les cultures de côtoyer à la fois beaucoup de mythologies et de quatre religions dont trois monothéistes.
L’Amazighité a toujours été en phase avec d’autres civilisations. Elle a servi positivement comme elle a accepté l’apport dans le revers de la tendance.
L’hospitalité, la douceur du caractère ou alors la haine de l’oppression ne sont pas des qualités qui tombent du ciel ; elles sont forgées dans les douleurs aux rythmes des âges.
La noblesse de l’âme, l’indulgence envers les défauts des autres et la patience dans l’adversité sont des vertus limées de la conséquence d’une longue expérience vécue par une société brave dans ses mesures avec les autres.
Amur (le pays) fut en effet, dans son histoire multimillénaire, à tour de rôle investi par les phéniciens, les carthaginois, les romains, les vandales, les portugais, les espagnoles, les français et encore les arabes. Ces rencontres ont cultivé chez l’amazigh le sens de l’investiture et le respect de l’autre.
Par la force des choses, ces valeurs sont devenues pour lui un bien matériel. La magnanimité, la fidélité aux traités et les victoires remportées sur les princes de la terre ne peuvent être que le trait d’un grand peuple.
Aujourd’hui encore le subconscient de l’Amazigh tire la référence de ses jugements et de ses pensées à partir de cet héritage combien précieux. Cela peut être définissable par les faits, les gestes, et le langage quotidien fondés par ce patrimoine.
Le paradoxe par contre ; c’est l’effet du joug sorcier qui incite le conscient, cette fois, de l’être Amazigh à se démettre de la lignée, éclairée pourtant, et héritée de ses ancêtres.
En effet une tornade venant de l’orient, tente de tout anéantir. La terre, l’immeuble, la faune, la flore, l’âme, l’eau voire même l’oxygène ; pour elle tout est bon à exterminer.
Cela ressemble à l’histoire du cumin pressé par les temps, brûlé par le soleil et personne ne se soucie de son sort. Même s’il cherche à boire, la soif lui est destinée délibérément.
Ses racines s’assèchent même si l’eau abonde et coule de source naturelle. L’eau ici est comparée à une population qui se compte en millions et majoritaire dans son propre pays.
Elle engendre pourtant des artistes, des écrivains, des poètes, des cadres, des penseurs, des militants et des académiciens proclamés.
Ce regard est jeté d’abord sur ces deux derniers.
Les académiciens marocains dans leurs ensembles ne veulent pas, pour certains ; et n’ont pas su pour d’autres, définir et mettre en valeur le génie qui anime cette civilisation qui est : l’Amazighité. Pour les Amazighs parmi eux, et diplômés dans d’autres langues et cultures, ils parlent de l’Amazighité au style d’un externe ; c’est-à-dire ils épousent aveuglément la vision de l’étranger à savoir française ou arabe selon les règles et les valeurs qu’on lui a inculqué.
Pour décrire ou étudier une des civilisations des plus anciennes du monde, ce genre d’Amazighs empruntent les yeux d’un autre et parle de lui (l’Amazigh) à la troisième personne du singulier.
De cette méthode, il en ressort un excès de zèle que nous ne pouvons pas nier. Ils se piègent eux-mêmes, en toute quiétude, par l’influence de la monotonie et par la facilité d’une description on n’en peut plus inerte.
Le savoir Amazigh dans sa globalité est adulte. C’est pourquoi il faudrait commencer sa réflexion à partir de la position de la pensée de l’Amazighe même ; qui ne peut d’ailleurs être qu’un tremplin indéniable.
Un long travail sur soi est au préalable exigé ici car l’instruction amazighe s’apprend, pour l’heure, hors des murs des établissements de l’état.
On ne demande pas à un diplômé de littérature arabe d’enseigner la linguistique française, ce qui est aussi vrai pour l’inverse.
Il n’y a donc aucune raison qu’il soit autre chose pour le cas de l’Amazigh. Tout l’essentiel de la production de l’institut royal de la culture amazighe est l’œuvre ou de l’assistance des ex militants et militantes (des experts sans attestations); et non pas de ceux qui brondissent des cartons ramenés d’ailleurs.
J’ai vu, de mes propres yeux, beaucoup de bavures émanant des responsables de certains centres de recherches amazighs, qui nuisent plutôt à tout ce qui déchoit de cette culture.
Comme on dit : « on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas ». Un docteur en linguistique arabe, qui ne maîtrise ni l’alphabet amazigh, ni sa grammaire, ni sa conjugaison et ni la philosophie de sa culture ne peut rien apporter dans ce domaine.
Depuis fort longtemps les amazighs écrivent dans des langues autres que la leur, snobant frontalement ainsi leur propre population qui a, en réalité, le plus besoin d’être éveillée ; étant donné un héritage commun, riche, varié, nécessaire et qui reste à faire connaître.
L’aigle se travestit pour séduire le hibou, c’est le cas de le dire. Les faits sont là, Amazighes n’ont toujours pas su énumérer ni définir les qualités qui sont les leurs.
Par voie de conséquence, ils ne sont plus maîtres de leur état d’être. Ils savent que le monde les ignore à cause de leurs déguisements.
Qui de nous a pu se référer convenablement à son propre héritage, à sa propre pensée ou à ses propres valeurs?
Qui de nous a pu se libérer des fantasmes divergents, pour montrer aux autres qui nous sommes vraiment ? Il faudrait être hors des catégories des humains pour ne pas admirer le bienfondé de la noblesse de l’Amazighité – voir cité plus haut.
Le peuple héritier, qui ne s’accroche pas à ces critères ne peut être qu’hypnotisé. Des personnes légitimes dépositaires, par voie de l’éducation, qui lâchent la prise ne peuvent être que droguées.
Il n’est pas aisé de comprendre pourquoi on renonce à une telle richesse humaine, pour à la place endosser la peau du terrorisme, du racisme et de l’intégrisme qu’incarne l’idéologie importée.
Une idéologie mesquine pourtant, qui incite à une discrimination affichée, à l’intoxication des âmes et à la ruine des peuples.
Elle n’a pas d’apport positif connu dans les registres des altruistes au monde car les valeurs humaines pour elle, ne devraient tout simplement pas exister.
Elle détruit les pensées, les cultures, les langues, les modes et les créations ; c’est pourquoi elle ne peut pas prétendre être des rangs des civilisations.
C’est un système conçu par ses érudits pour s’accaparer suffisamment d’autrui. Rien n’arrête la tempête du désert, c’est la nuit en plein jour !
Et ça c’est la pire des choses qui arrive à l’Amazighité. Le peuple est pris au tourbillon ; nous autres cherchons désistement des issues.
Le poète Amazigh disait:
-Inimt a leâtabi-nnew mayd ittekkan
-Hdigh tisura, han lexzin da tteddun.
* Dites-moi les seuils de mes portes, qui passe par la?
* j’ai gardé les clés, voilà que les réserves s’effritent !
Pui il disait dans l’anonimat :
-Tehnuna tfunast issadeden aâjliy d usnus
-Abazin iffegh-agh, maca neccar aghwu d ighwyal.

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