Culture

A vrai dire Un championnat désuet

Saoudi El Amalki//

En cette ultime ligne droite des compétitions européennes de football, le rythme est hyper surchauffé, un peu partout, à la Bundesliga, à la Liga ou encore au Calcio, à la primer league… Le grand public se régale face à ces prestances de haute qualité aux plans jeu, arbitrage, fair-play, fans…Et quand le Bayer Leverkusen a eu, pour la première fois de son histoire, la palme de la saison, à cinq journées de la clôture du championnat allemand, c’est la joie du public sur les gradins qui envahit, au sifflet final, toute la pelouse du stade, pour congratuler les siens dans la liesse et l’hystérie. Aucun incident, nul accroc, le moindre dérapage, sans agents de sécurité ni dégâts sur les infrastructures ! Adil, le jeune international marocain était aussi de la fête avec son équipe invaincue et jubilait à tue-tête au milieu de la foule qui l’ovationnait comme tous ses collègues. Le même spectacle se réitérait au Royaume-Uni, en Italie ou en Espagne, lorsque les champions des tournois respectifs soulèveront les trophées, avant de tenir des ballades traditionnelles en ville, sous les acclamations nourries des supporters en délire. Peut-être un peu plus pour les masses germaniques dont le sacre est unique dans les annales du club fanion fondé en 1904…
Chez nous hélas, les titres remportés par tel ou tel club n’ont plus de valeur, depuis que le championnat national (on n’ose même pas le qualifier de Pro !) n’a plus de goût ni saveur. La programmation des matchs se fait à l’emporte pièce, au jour le jour, sans aucune logique ni respect de l’agenda fixé au préalable, encore moins la physionomie des journées, puisqu’on peut suspendre la cadence de matchs un mois durant, pour permettre à la sélection de jouer pendant la trêve internationale quoique, en fait, quasiment tous les joueurs retenus en équipe nationale évoluent à l’étranger. Notre championnat par saccades débute tardivement et termine au moment où les autres entament leurs tournois suivants, après s’être reposé et ressourcé… Comment veut-on alors hisser son niveau médiocre et archaïque ? Certes, on est classé quatrième pays dans le monde, depuis la coupe du monde de Qatar 2022, mais à quel prix et pour quel effectif si ce n’est celui de nos émigrés nés, grandis et formés pour la plupart dans le vieux continent ? Bien évidemment, ce sont aussi des compatriotes qui ont choisi de défendre nos couleurs, d’autres ont préféré se rendre ailleurs. Mais, quand pourra-t-on avoir un vrai championnat bien structuré, organisé et performant pouvant secréter des champions et lui faire recouvrer sa notoriété de jadis ?

          

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