
Les PDTI, un nouveau cadre pour assurer la solidarité hydrique et le développement équilibré entre les territoires (M. Baraka au MAP Town Hall)
Les Programmes de développement territorial intégré (PDTI) constituent un nouveau cadre pour assurer la solidarité hydrique et le développement équilibré entre les différents territoires du Royaume, a souligné, mercredi à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka.
S’exprimant lors de la 2e édition du MAP Town Hall, organisée sous le thème “La Vision Royale de l’eau: Socle de souveraineté hydrique et d’équité territoriale”, M. Baraka a affirmé que l’eau est un levier de développement intégré, ajoutant que ces PDTI, lancés conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, vont impulser une nouvelle dynamique au service d’un développement plus équilibré et inclusif entre les milieux rural et urbain, avec à la clé un accès équitable à cette denrée vitale.
Rappelant l’importance de cette vision intégrée en vue d’assurer la cohérence des politiques publiques, le ministre a mis en avant la pertinence des Plans directeurs d’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE) et du Plan national de l’eau (PNE) pour une gestion rationnelle des ressources en eau en vue de satisfaire les besoins des différents usagers.
Ces PDAIRE, qui constituent les déclinaisons locales du PNE à l’échelle des Agences de bassins hydrauliques, permettent d’identifier les besoins et l’offre potentielle ainsi que les mesures à prendre pour assurer cet équilibre entre l’offre et la demande au niveau de l’ensemble des territoires, a-t-il poursuivi.
Le ministre a, en outre, mis en relief l’importance du Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation (PNAEPI) qui vise l’accélération des investissements dans le secteur de l’eau pour soutenir l’approvisionnement en eau potable et irrigation et renforcer la résilience du Royaume face aux dérèglements climatiques.
Il a aussi évoqué la mise en place des Sociétés régionales multiservices (SRM), fruit d’une vision ambitieuse et novatrice ayant pour objectif une gestion intégrée et performante des services d’eau potable, d’électricité et d’assainissement liquide, en vue de réponde aux besoins croissants des citoyens et de relever les défis du développement territorial durable.
Ces SRM prônent une logique nouvelle axée sur la solidarité entre l’urbain et le rural pour pouvoir assurer l’accès généralisé à l’eau, avec une gestion et une gouvernance plus sophistiquées, à même de répondre aux attentes, a-t-il dit.
Aujourd’hui, les PDTI s’inscrivent dans cette logique, a relevé M. Baraka, estimant que tous ces plans et programmes vont permettre au Royaume de disposer d’une architecture hydrique nouvelle qui assure non seulement l’accès à l’eau, mais aussi au développement inclusif à travers les programmes de développement territorial intégré.
Pa ailleurs, le responsable gouvernemental s’est attardé sur les principales inflexions stratégiques que connaît la politique nationale de l’eau dans la perspective d’atteindre une gouvernance de cette denrée vitale qui soit équitable, prospective et résiliente.
Il a, à cet égard, fait remarquer que le Maroc est passé, au fil des années, d’une politique de développement des ressources en eau conventionnelles à une politique de mix hydrique, d’une gestion des ressources hydriques à court terme à une planification et gestion pour le long terme au profit des générations futures, et d’une solidarité hydrique campagnes – villes côtières à une solidarité hydrique villes côtières – campagnes et villes intérieures.
Ce changement de paradigmes porte déjà ses fruits, notamment dans l’accélération des projets de dessalement de l’eau de mer, s’est félicité le ministre, rappelant que le Maroc compte 17 stations avec une capacité de production de 410 millions de mètres cube par an.
Il a fait état, par ailleurs, de deux projets en cours de réalisation à Casablanca et Dakhla et deux autres projets en cours d’extension au niveau des stations de Jorf Lasfar et de Safi, outre la programmation de 7 stations à l’horizon 2030 en l’occurrence Tanger, Rabat, Souss-Massa, Oriental, Guelmim Tan Tan, Essaouira et Tarfaya, et de 4 extensions à Agadir, Tarfaya, Safi et Jorf Lasfar.
S’appuyant sur les principes de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE), le Royaume aspire aussi à une amélioration des rendements des réseaux de distribution d’eau potable pour atteindre 80% en 2030 ainsi qu’à une amélioration du rendement des canaux et conduites multiservices d’irrigation et reconversion en irrigation localisée, a précisé M. Baraka.
Rappelant l’importance d’une meilleure gestion hydrique, le ministre a fait savoir que son département mise sur des actions de communication sur la situation hydrique nationale et territoriale ainsi que sur des opérations de sensibilisation à l’importance de la préservation des ressources en eau, des pratiques d’usage rationnels et des gestes citoyens.
Le “MAP Town Hall”, refonte du format traditionnel du Forum de la MAP, se veut un espace de dialogue approfondi et d’échanges constructifs entre décideurs, experts et acteurs du développement au service d’un débat public éclairé et vertueux.
La 2e édition de ce nouveau rendez-vous a été marquée par la présence de plusieurs responsables d’établissements publics et privés ainsi que de représentants des médias.
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