
Festival Théâtre Universitaire d’Agadir : Une tradition à grand éclat
- Agadirtoday-Saoudi El Amalki//
La 28 ème édition du Festival International du Théâtre Universitaire d’Agadir ( FITUA ) vient de lever le rideau, au grand bonheur de la pléthore estudiantine des mordus de l’art dramatique et de la pléiade de dramaturges, metteurs en scène et la foule de spectateurs qui prennent d’assaut les lieux des spectacles. La cérémonie d’ouverture du rassemblement prolifique où l’art et la culture prennent momentanément le dessus sur d’autres vocations du peuple des étudiants, à savoir les champs de la cognition, la recherche et l’échange à grande échelle, est magistralement comme de coutume, modérée par la toute sympathique et fervente Zohra Makach dont l’aura ardente n’est plus un secret pour personne…
De prime abord, Dr Nabil Hmina, président de l’université Ibn Zohr prit la parole pour mettre en évidence l’importance grandissante des activités créatives et formatrices comme le théâtre dans l’épanouissement des facultés intrinsèques des étudiants. Il ne manquait pas non plus d’évoquer son ébahissement devant l’intérêt que portent les étudiants face à ce foisonnement de la culture, des arts et des sports au sein des établissements universitaires, alors qu’il vient de prendre du service à l’UIZ, il y a un peu plus d’une dizaine de mois. Pour conclure, il faisait savoir que son institution est en passe de monter un projet dans le sens du rayonnement des potentialités estudiantines…
Pour sa part, Dr Mohamed Naji Benomar, doyen de la faculté de lettres et de sciences humaines d‘Agadir, tout auréolé de poursuivre l’épopée de cette belle aventure théâtrale de plus d’un quart de siècle, après ses trois prédécesseurs à la tête de cette faculté novatrice, à commencer par le doyen des doyens Dr Hassan Benhalima, s’est dit dépositaire de ce profond et fécond vivier de la passion et du partage inter culturel qu’a toujours enfanté la faculté des lettres à travers l’histoire et la mémoire collectives de génération en génération. Ce à quoi s’est inspirée la nymphe radieuse des prairies du père des arts qu’est Zohra Makach qui procréait au terme de cette séance inaugurale un pré printanier de l’expressivité truffée de métaphores suaves où le coquelicot côtoyait le cresson bleu…
Dès que l’assistance guillerette s’enivrait par ce bouquet de fleurs amoureusement parsemé en douceur par la modératrice enchanteresse, on a été comblé par un chef-d’œuvre de spectacle muet mais vrombissant sur scène par son beau boucan de gestuelle, de chorégraphie et de sémiotique. La trouvaille artistique Ez’man de Asmaa Houri, interprétée par deux artistes de talent qui tout au long de plus d’heure, gratifiait l’audience d’un aussi mirifique présent de la soirée où le corps et l’espace n’en faisaient plus qu’un et où le mouvement et la sonorité dégageaient une sensation vivante dont la formulation messagère de spectacle si mirobolant au grand service de la libération de la femme valait beaucoup mieux qu’un texte des plus fines des rhétoriques politiques…
La première prodigieuse soirée qu’on a fait vivre à tout ce beau monde rassemblé pour le théâtre et rien que le théâtre, fut de bout en bout, un splendide prélude d’émotions où le discours administratif se fond sous la magie du verbe poétique, à l’image de ces tirades romantiques qu’a proposées Zohra Makach à la salle ensorcelée. Sacrée Zohra ! Le festival a bel et bien débuté sur des roulettes pour ceux qui ne veulent entendre que la voix du théâtre durant ces jours de joie, comme disait Molière, l’illustre dramaturge français, dans sa pièce ( le Misanthrope ) : « Il n’y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre ! », même pas une pièce sans paroles, tel que celle dédiée au grand public lors de cette soirée d’ouverture du FITUA…
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