
Genève: une ONG marocaine appelle à intégrer l’accessibilité et le droit à l’autonomie des personnes handicapées dans les politiques d’investissement public
La présidente de l’Union marocaine des Associations œuvrant dans le domaine du handicap mental (UNAHM), Mme Nadia Atia, a appelé, vendredi à Genève lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme (CDH), à intégrer de manière contraignante les normes d’accessibilité et le droit à une vie autonome des personnes en situation de handicap dans les politiques d’investissement public et les plans de relance économique.
Prenant la parole dans le cadre du débat annuel consacré aux droits des personnes handicapées, organisé sous le thème “Renforcer la culture de la paix par la mise en œuvre effective des droits de l’homme”, Mme Atia a souligné que l’accessibilité des transports et du logement ne relève pas seulement d’une question technique, mais constitue une obligation juridique directe découlant de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, notamment de ses articles consacrés à l’accessibilité, à la vie autonome et à la mobilité personnelle.
L’oratrice, qui intervenait au nom de l’ONG Promotion du Développement Économique et Social (PDES) a averti que l’absence de services de transport adaptés et le manque de garanties en matière d’aménagements raisonnables dans le logement contribuent, dans les faits, à reproduire indirectement des situations d’institutionnalisation, compromettant ainsi l’exercice du droit à l’autonomie et à la pleine participation à la vie économique et sociale, notamment en matière d’accès à l’emploi, à l’éducation et à la vie publique, en particulier dans les zones rurales et les contextes informels.
S’appuyant sur le rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme présenté à cette session, la présidente de l’UNAHM a mis en avant trois priorités interdépendantes pour renforcer l’inclusion effective.
Il s’agit d’abord de passer d’initiatives ponctuelles à une approche globale fondée sur la conception universelle et une planification d’investissement intégrée, accompagnée de budgets dédiés et d’indicateurs de performance pour mesurer la mise en œuvre des droits.
Il est question ensuite de garantir aux personnes handicapées la possibilité de vivre de manière autonome en leur assurant le libre choix de leur lieu de résidence et de leur mode d’habitation, sans être contraintes de vivre dans des structures institutionnelles fermées ou ségréguées.
Elle a enfin, appelé à instaurer une gouvernance véritablement participative assurant l’implication des organisations de personnes handicapées à toutes les étapes de l’élaboration, de la mise en œuvre et du suivi des politiques publiques, conformément au principe international “Rien sur nous sans nous”.
A cet égard, Mme Atia a appelé à l’adoption de mécanismes pratiques permettant d’intégrer effectivement ces normes dans les politiques publiques et a interrogé les panélistes sur les mesures concrètes que les États pourraient mettre en place afin de garantir le caractère contraignant et la redevabilité de ces engagements, au-delà de simples déclarations politiques.
La participation de l’UNAHM reflète la présence croissante de la société civile marocaine dans les débats internationaux relatifs aux droits des personnes en situation de handicap. Elle contribue également à faire entendre la voix des associations marocaines dans les forums onusiens consacrés à la promotion et à la protection des droits humains.
Elle témoigne par ailleurs de la montée en puissance des efforts de plaidoyer et de défense des droits des personnes en situation de handicap au Maroc dans les débats internationaux, tout en permettant de porter la voix des associations et des acteurs engagés dans la défense de ces droits auprès des instances onusiennes chargées de promouvoir et protéger les droits humains.
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