Société

Apprentissage continu, adaptabilité et compréhension du marché du travail au cœur des parcours des jeunes

L’apprentissage continu, l’adaptabilité et une meilleure compréhension des dynamiques du marché du travail sont au cœur des parcours des jeunes, ont souligné, vendredi à Salé, les participants à un panel consacré à la transition des jeunes vers l’emploi au Maroc.

Lors de cette rencontre initiée par le Policy Center for the New South (PCNS), les intervenants ont relevé que la construction d’une carrière repose autant sur les compétences techniques que sur la capacité à évoluer dans un environnement économique et technologique en mutation.

S’exprimant à cette occasion, la Senior Fellow au PCNS, Mounia Boucetta, a indiqué que la formation initiale ne constitue qu’une étape dans un parcours professionnel appelé à s’inscrire dans un apprentissage continu.

Dans ce sillage, elle a expliqué que les années de spécialisation offrent des bases techniques essentielles, mais que l’évolution de carrière dépend ensuite de la capacité à se former en permanence, à expérimenter et à intégrer les enseignements tirés aussi bien des réussites que des difficultés.

Ainsi, Mme. Boucetta a insisté sur le rôle de l’environnement professionnel dans le développement des compétences, estimant qu’un cadre qui valorise la performance favorise la progression individuelle.

Parallèlement, la Senior Fellow a mis en avant l’importance de saisir les opportunités et de cultiver l’agilité face à des contextes de plus en plus complexes, marqués notamment par les transformations technologiques et climatiques qui modifient les modes de conception et de travail.

Elle a, en outre, souligné que le maintien de l’employabilité doit constituer une boussole tout au long de la carrière, à travers la motivation, la remise en question et la curiosité intellectuelle. Selon elle, l’ouverture aux évolutions technologiques, y compris l’intelligence artificielle, ainsi que la capacité à sortir des zones de confort, sont déterminantes pour préserver et accroître sa valeur sur le marché du travail.

Pour sa part, la professeure à la Faculté de Gouvernance, Sciences Économiques et Sociales de l’Université Mohammed VI Polytechnique, Dorothée Boccanfuso, a noté que l’insertion professionnelle s’effectue dans un marché du travail en mutation structurelle, marqué par des facteurs conjoncturels et technologiques.

A cet effet, Mme. Boccanfuso a insisté sur la nécessité pour les jeunes de développer une forte flexibilité afin de s’adapter à l’évolution rapide des métiers, mettant en garde contre les risques liés au chômage de longue durée.

L’absence de réinsertion dans les douze premiers mois accroît fortement le risque d’exclusion durable du marché du travail, a-t-elle ajouté, rappelant que la formation continue constitue un levier essentiel pour préserver l’employabilité face à la dépréciation rapide des compétences.

Elle a également évoqué les disparités d’accès aux opportunités ainsi que les transformations des attentes professionnelles, notamment en matière de conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle.

La professeure a attiré l’attention sur la faible participation féminine au marché du travail, indiquant que le taux d’activité des femmes se situe autour de 20%, malgré une progression du niveau d’éducation, citant à titre d’exemple une population étudiante féminine atteignant 87% dans sa faculté.

Dans ce contexte, elle a soulevé que les politiques publiques et les dispositifs d’accompagnement doivent intégrer ces réalités afin de favoriser une insertion durable et inclusive.

De son côté, le directeur général de Happy Smala, Eric Asmar, a abordé les questions liées à l’entrepreneuriat, soulignant que ce dernier doit être envisagé avant tout comme un choix de vie fondé sur la capacité à résoudre des problèmes en créant de la valeur, indépendamment de la création formelle d’une entreprise.

S’appuyant sur des données issues d’une étude Global Entrepreneurship Monitor, il a relevé qu’environ 25% des adultes expriment l’intention de se lancer, que près de 70% déclarent percevoir des opportunités autour d’eux, mais que seuls 6% passent effectivement à l’acte.

Asmar a également mis en avant l’importance de la motivation personnelle dans le choix d’entreprendre, qu’il relie à la recherche d’autonomie, à la volonté de saisir des opportunités ou encore à des contraintes d’employabilité.

Revenant sur son propre parcours, il a illustré la manière dont l’adaptation à des environnements instables peut favoriser la prise d’initiative et l’apprentissage par l’expérience, insistant sur le fait que l’entrepreneuriat est rarement un chemin solitaire.

Par ailleurs, il a identifié trois compétences clés dans les trajectoires entrepreneuriales, à savoir la curiosité, l’autonomie et la communication. Ces aptitudes, a-t-il expliqué, permettent d’identifier des opportunités, de passer à l’action et de structurer ses idées dans des environnements complexes.

 

          

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