
Le manque d’hygiène et de dignité..Chez certains responsables footballistiques africains
Cultivée et promue pendant un certain temps, la mentalité de la discorde prospère et se renforce. La société s’en acclimate et les individus s’en accoutument. Une telle exposition à la violence entraine la banalisation de l’agression qui dès lors, devient un mode de perception « normal ». Faute de repères relationnels et du manque de sécurité intérieure, ladite violence devient le langage courant.
Dans cet état d’esprit, l’environnement, tout environnement, devient incompréhensible et donc menaçant. Gauche, la personne s’efforce de comprendre et transforme l’étrange et l’inexplicable à travers la théorie du complot puisque cette dernière lui offre une explication facile et procure un refuge psychologique.
De cette manière, la personne élevée dans la culture d’emportement développe et adopte une posture d’opposition aux règles et aux situations qui l’entourent. Pour une telle personne, s’opposer c’est se protéger et c’est également affirmer une identité quoiqu’elle soit fragile.
Tout contraste, à son égard, est perçu et vécu comme une attaque personnelle plutôt que comme une différence. Elle fait, de ce fait, recours à des manœuvres sordides démontrant un manque de grandeur.
C’est dans ce contexte qu’il convient, à mon humble opinion, de lire le comportement de certains responsables au sein des fédérations footballistiques africaines.
Les manœuvres peu généreuses observées chez certains responsables footballistiques durant les compétitions de la Coupe d’Afrique des Nations de football 2025 ne relèvent pas seulement de stratégies sportives discutables mais, elles mettent à l’écart toute intégrité et révèlent une crise profonde de valeurs.
En effet, derrière des décisions apparemment techniques se cache parfois une volonté de nuire ou d’obtenir un avantage de manière indigne. Manipulations et provocations qui nuisent gravement à l’esprit du sport et à la cohésion sociale qu’il devrait incarner.
Durant cette CAN, certains responsables se sont malheureusement distingués, par un manque flagrant de valeurs éthiques ; alors que le football, sport populaire en Afrique et partout dans le monde, repose sur des principes fondamentaux tels que le respect, l’équité et la responsabilité morale… Or, lorsque les décisions sont guidées par la vengeance ou le calcul politique, ces valeurs sont reléguées au second plan.
Les responsables en question instrumentalisent les règlements, détournent les procédures et usent de leur pouvoir non pas pour servir le jeu, mais pour faire obstacle à leur adversaire qu’ils ne peuvent attaquer d’une façon légitime.
Ce déficit de valeurs transforme la fonction de dirigeant en un outil de malhonnêteté plutôt qu’en un rôle d’entraineur.
Leurs propos pervers et leurs actes provocateurs et accusateurs incitant ouvertement les supporters à adopter des comportements inconvenables, créent un climat de tension et de haine.
Les supporters, déjà passionnés, se sentent alors légitimés dans l’excès, l’insulte et la violence. Au lieu d’apaiser les esprits et de promouvoir une culture sportive saine -capital dont ils manquent- ces mêmes responsables exploitent l’émotion collective à des fins stratégiques.
Ils transforment la ferveur en hostilité, et créent sur le terrain des débordements et des divisions. Leur logique de ségrégation inacceptable, qu’elle soit basée sur une appartenance non déclarée, sur une affiliation politique clubiste ou sur leur propre culture de rancœur et de méchanceté, fragmente le paysage footballistique et offense notre continent déjà en lambeaux.
En définitive, ces manœuvres mesquines ne portent pas seulement atteinte au football ; elles dénaturent sa mission humaine. Un responsable sans valeurs, qui excite les foules et institutionnalise la ségrégation, trahit l’essence même du sport : rassembler, éduquer et élever les
- El Ghazi Lakbir
- Meknès le 20 janvier 2026
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