
Temps aménagé à l’université : Abdelkhaleq Jayed dissipe l’amalgame entre frais d’inscription et gratuité de l’enseignement public
Contacté par des journalistes de la presse écrite, parmi elles notre journal « agadirtoday.com », au sujet de la possibilité qu’offre l’université publique aux fonctionnaires et aux salariés de poursuivre leurs études universitaires en temps aménagé, Abdelkhaleq Jayed, doyen de la Faculté des Langues, des Arts et des Sciences Humaines de l’Université Ibnou Zohr, a levé l’amalgame vite fait entre les études en Temps aménagé et la gratuité de l’enseignement public.
Il a commencé par préciser que la gratuité de l’enseignement est une chose, et la diversification des modes de formation en est une autre.
Lier le temps aménagé à une remise en cause de la gratuité de l’enseignement procède d’une confusion entre deux choses distinctes qui peut induire en erreur l’opinion publique.
Il a ensuite rappelé que l’étudiant qui poursuit ses études universitaires selon le cursus initial normal continue de bénéficier de la gratuité de la formation dans les universités publiques au niveau des cycles licence, master et doctorat et que les frais d’inscription n’ont ni aboli ce droit, ni ne s’y sont substitués.
Le nouveau régime du temps aménagé ne s’adresse pas à l’étudiant se consacrant exclusivement à ses études, mais à une tout autre catégorie : le fonctionnaire, le salarié ou l’employé déjà actif sur le marché du travail et désireux de reprendre ses études universitaires parallèlement à son activité professionnelle.
Ce dispositif a été mis en place pour concilier des éléments jusqu’alors très difficiles à associer : un calendrier compatible avec l’activité professionnelle, une formation universitaire structurée et l’obtention d’un diplôme national sous réserve de satisfaire aux conditions requises consignées dans les cahiers descriptifs des formations accréditées.
Le législateur n’a pas imposé des frais d’inscription pour les salariés et les fonctionnaires, mais en a tout simplement modifié et clarifié la contrepartie : cette catégorie concernée par des frais d’inscription s’inscrit désormais dans une formation fondamentale ouvrant droit à toutes les prérogatives attachées au diplôme national.
L’organisation de la formation en dehors des horaires de travail nécessite des ressources humaines et logistiques supplémentaires : enseignants, personnel administratif, salles, laboratoires et examens.
Par conséquent, les frais d’inscription sont liés au coût de cette organisation spécifique et ne constituent pas le prix du diplôme lui-même.
La différence entre la formation en temps initial et la formation en temps aménagé se situe uniquement au niveau de la programmation des cours en dehors des créneaux de l’activité professionnelle des fonctionnaires et salariés et non au niveau du diplôme ni des exigences requises pour l’obtenir.
Reprendre ses études universitaires après des années d’activité professionnelle représente une nécessité imposée par l’évolution des connaissances et des métiers.
Fort de son expérience professionnelle, le fonctionnaire ou le salarié qui reprend ses études est outillé pour articuler la formation et la recherche scientifique aux problématiques concrètes de la gestion et de l’entreprise.
Ainsi, la formation cesse d’être un simple bénéfice individuel pour devenir un investissement institutionnel et sociétal.
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